Gabon : incapable de construire des écoles, le gouvernement promet une maison de correction pour élèves exclus

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Photo de famille au terme de la visite du ministre de l'Education nationale Patrick Mouguiama Daouda © GMT

Au moment où l’année scolaire bat son plein, le gouvernement fait face à de nombreux déficits liés à l’amélioration des conditions de travail et d’apprentissage dans les établissements scolaires du pays. Entre le déficit en infrastructure d’accueil et l’épineuse question des violences scolaires, le ministère de l’Éducation semble avoir fait du dernier sujet sa réelle priorité. C’est dans cette optique que ce département ministériel a annoncé au cours d’une rencontre avec des représentants des élèves et des Associations de parents d’élèves, l’idée de construction d’une maison d’arrêt pour élèves exclus pour faire face à des cas de délinquance enregistrés dans les établissements. 


Sanctionner les élèves violents en les poursuivant devant les instances judiciaires puis en les transférant dans une maison de correction spéciale pour  élèves exclus, c’est l’une des pistes envisagées par le gouvernement pour éradiquer le phénomènes sans cesse grandissant des violences en milieu scolaire. En effet, lors d’une de ses sorties inscrite dans le cadre de son projet de sensibilisation intitulé “Le Ministre de l’education nationale face à la jeunesse gabonaise” Patrick Mouguiama Daouda a décidé de prendre le taureau par les cornes concernant ce sujet. 

Lors de son intervention devant des associations des parents d’élèves et une quarantaine d’apprenants le ministre de tutelle a rappelé aux tuteurs des élèves leur rôle dans l’éducation des enfants. « Tout le monde doit jouer son rôle, tant les parents que les enseignants. Lorsqu’on parle de fouille, la première fouille doit se faire à la maison », a-t-il indiqué avant d’aborder la question relative aux mesures gouvernementales prises en attente de l’uniformisation des termes du règlement intérieur pour tous les lycées et collèges du Gabon.

Au nombre de ces mesures dites conservatoires, on note la fouille systématique des sacs à dos des élèves au sein des différentes voies d’entrées des établissements, la saisie de tout objet dangereux tels couteaux ou bouteilles, des exclusions définitives. Une dernière mesure jugée « insuffisante» par le membre du gouvernement qui a en outre envisagé des poursuites devant les instances judiciaires à l’encontre des élèves pris en flagrant délit. 

Lesquelles devraient aboutir à la mise en maison de correction des mis en cause reconnus coupables. « Exclure est une moindre mesure. Cela ne fait que déplacer le problème car à la maison ils sont exposés à d’autres fléaux. C’est pour cette raison qu’une réflexion est en cours avec le ministère de la Justice, pour la mise en place d’une maison de correction pour enfants exclus », a indiqué Patrick Mouguiama Daouda.

Il faut souligner que le Gabon ne serait pas le premier pays a envisagé la mise en place d’une telle structure. Pour rappel, une maison de correction, dite aussi « maison de redressement » est une institution destinée à réinsérer des mineurs posant des problèmes de discipline et de petite délinquance. Ainsi, si cette solution semble procéder de la volonté de répondre à la problématique des violences en milieu scolaire, il est peu probable qu’elle puisse faire l’unanimité au sein de l’opinion.

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