Gabon: pour impayé de loyer, le Conseil national de la jeunesse mis à la porte

Le CNJG déguerpit de ses locaux © GMT

Longtemps considéré comme la plateforme adéquate pour promouvoir la jeunesse gabonaise, le Conseil national de la jeunesse du Gabon (CNJG) n’est désormais plus que l’ombre de lui-même. Pour cause, ce vendredi 14 décembre 2018, l’institution vient de se faire déguerpir des locaux qu’elle occupait pour impayés de loyer depuis plusieurs mois. Une situation qui semble ne pas retenir l’attention non seulement du gouvernement mais surtout du ministère en charge de la Jeunesse, alors que cette institution participe de manière efficiente à l’épanouissement de la jeunesse.

Cette structure qui regroupe les associations et mouvements de jeunesse a pour principales missions de coordonner la vie associative de la jeunesse au niveau national, faire participer les jeunes au processus des prises des décisions d’intérêt commun, de participer à la formation civique, morale, technique et professionnelle des jeunes ou encore de participer à la lutte contre les sévices dont les jeunes sont victimes. Des ambitions qui sont désormais compromises du fait des difficultés rencontrées par cette organisation.

Outre les questions d’ordre structurel, le Conseil est miné par des difficultés financières, car dépourvue de budget de fonctionnement. Depuis plusieurs mois,  la structure est donc dans l’incapacité de régler le loyer dont le montant avoisinerait les cent millions de Fcfa, une situation incompréhensible alors que selon des sources proches du ministère de la Jeunesse, des garanties avaient été données au propriétaire du local où siège le CNJG.

De passage ce matin sur les lieux, la rédaction de Gabon Media Time a pu constater que le matériel dont dispose le conseil a été effectivement mis dehors. Pour les responsables rencontrés sur place, la désolation pouvait se lire sur leur visage, certains ne comprennent pas qu’alors que le Chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba avait décrété ce second septennat comme celui dédié à la jeunesse, l’institution qui les représente ait mis à la porte sans tout autre forme de procès, et sans que le gouvernement ne daigne lever le petit doigt.

« Le propriétaire des lieux nous a fait parvenir en début de semaine une note d’huissier, nous donnant injonction de libérer les lieux ce vendredi 14. Donc depuis ce matin nous sommes en train de mettre le matériel dehors  en attendant que l’huissier vienne sceller les lieux », nous a confié le directeur de cabinet du président du CNJG Lerick Mouketou. Il n’a d’ailleurs pas manqué de regretter le silence de la tutelle qui  est pourtant informée depuis deux ans de cette situation.

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