Gabon: imbroglio autour de l’affaire Magloire Ngambia

Incarcéré depuis le 10 janvier 2017, pour des faits de détournement de fonds publics dans le cadre du dossier relatif au tronçon routier Akiéni-Onga dans la province du Haut-Ogooué, l’ancien ministre des Infrastructures, de l’Habitat et de l’Aménagement du territoire, Magloire Ngambia est toujours en attente du dénouement de son affaire. Une situation pour le moins incompréhensible après le fiasco de sa comparution le 13 mars dernier. 


L’opinion garde en mémoire ce rendez-vous manqué du mercredi 13 mars 2019. Appelé à la barre à l’occasion de la reprise des activités de la Cour criminelle spéciale (CCS) l’ancien membre du gouvernement n’avait pas pu comparaître devant ladite juridiction. Pour cause, il n’avait pas été extrait de sa cellule de la prison centrale de Libreville, provoquant une réaction pour le moins surprenante du premier président de la cour Paulette Ayo Mba épouse Akolly.   

Si cette dernière s’était vertement prise au prévenu accusant des pseudo « forces obscures qui ne veulent pas faire avancer la justice gabonaise », la vérité était tout autre. En effet, la non présentation de Magloire Ngambia à la barre était le fait du procureur général de la Cour criminelle, qui ne se reconnaît pas dans les actes posés par le premier président de la Cour criminelle spéciale. Les propos de cette dernière étaient  de ce fait inexacts, puisqu’un détenu ne peut de son propre chef refuser de se présenter à l’audience.     

Outre l’immixtion pour le moins curieuse de cette dernière dans les prérogatives du parquet, la décision de ne pas extraire Magloire Ngambia de sa cellule, était motivée par la nécessité de revoir la composition de la Cour. En effet, les magistrats qui siègent au sein de ladite juridiction ne sont pas les mêmes que ceux nommés par le décret instituant la Cour criminelle spéciale. Certains ayant d’ailleurs été affectés dans d’autres juridictions ou parquets. Une position qui s’explique donc par la nécessité d’éviter que les arrêts rendus par cette juridiction ne soient entachés d’irrégularités

D’ailleurs la sortie tonitruante du premier président de la Cour n’avait pas manqué de susciter des interrogations sur l’impartialité du juge. Faut-il rappeler que le magistrat qui par intérêt ou par un acte quelconque aurait compromis ce principe s’expose indéniablement à une récusation. Les dispositions relatives à la récusation des magistrats trouvent leur place dans le Code de procédure civil gabonais aux articles 329 à 336.

Des imbroglios qui ont dès lors sabordé la poursuite de la procédure contre l’ancien ministre qui paie aujourd’hui des errements du système judiciaire gabonais. En attendant une hypothétique reprise de ce procès qui n’a que trop duré, l’opinion reste également dans l’expectative du dénouement des pseudos dossiers de l’opération mamba, qui avec les derniers événements n’a plus lieu d’être. 

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