Gabon: la HAC sanctionne Axa pour persécution d’un journaliste

Siège d'Axa à Libreville © D.R

La Haute Autorité de la Communication (HAC) a suspendu d’accès aux médias publics l’assureur Axa Gabon pendant trois mois, le jeudi 28 février dernier. Cette décision intervient après la demande d’assistance du journaliste Brice Gotoa de Direct Infos suite au harcèlement qu’il dit subir de la part de l’assureur depuis la publication d’un article intitulé « Axa Gabon : Soupçons de fraude et de corruption à la direction commerciale ».



Convoqué deux fois par la HAC pour une audition le mardi 26 et jeudi 28 février derniers, Axa Gabon n’a pas donné suite aux correspondances adressées par l’autorité gabonaise de régulation des médias qui regrette qu’une entreprise de cette envergure fasse preuve de dédain envers une autorité.  « Point n’est besoin de vous dire que, fort de son absolue puissance, omnipotence et omniscience,  la société Axa Gabon n’a pas daigné répondre ni déférer auxdites convocations », s’est insurgé le président de la HAC, Raphaël Ntoutoume Nkoghé dans un communiqué.

Que reproche la HAC à Axa Gabon ? L’assureur tente de museler Brice Gotoa, journaliste à Direct Infos et auteur d’un article qui dénonçait les pratiques frauduleuses et la corruption à la direction commerciale de cette entreprise. Ainsi, la filiale d’Axa au Gabon userait de son réseau pour obliger le journaliste à révéler sa source dans ce dossier sans pour autant nier les faits qui lui sont reprochés dans cet article. En effet, après la publication de l’article intitulé « Axa Gabon : Soupçons de fraude et de corruption à la direction commerciale », le journaliste Brice Gotoa a été convoqué à la direction générale des recherches (DGR). Depuis lors, Axa Gabon n’a pas arrêté de harceler le journaliste.

Face à ce refus de déférer aux convocations et à ce harcèlement persistant du journaliste, la Haute Autorité de la Communication a décidé de prendre des mesures strictes afin de rappeler l’assureur à l’ordre. Ainsi, l’autorité gabonaise de régulation des médias exige à Axa Gabon le respect des dispositions de l’article 42 du code de la communication qui stipule que « le journaliste n’est pas tenu de  révéler ses sources d’informations en dehors des dérogations prévues par la loi », précise le communiqué.

Rappelons, à toutes fins utiles, qu’Axa n’en est pas à sa première persécution des hommes de médias. Il y a quelques mois, en juin 2018,  le rédacteur en chef des journaux Moutouki, La Loupe et L’Aube, Orca Boudianza Mouélé, avait été interpellé par des éléments de la Direction générale des recherches afin de l’obliger à révéler ses sources au sujet d’un article concernant la société d’assurance. C’est la direction d’Axa Gabon qui avait, semble-t-il, demandé à la DGR d’ouvrir une enquête pour dénicher le collaborateur qui avait livré les informations à la presse. Mais le rédacteur en chef de la Loupe n’avait pas cédé et les poursuites avaient été abandonnées.

S’attaquer à un journaliste dans l’exercice de ses fonctions, c’est s’en prendre à la presse tout entière et aux libertés d’expression et de la presse. Axa Gabon est une entreprise dont les missions  sont d’assurer et de protéger la vie des personnes et des biens. Comment comprendre qu’une société aux desseins si nobles puisse choisir de persécuter quelqu’un dont le malheur a été de tirer la sonnette d’alarme sur une situation qui pourrait mettre en péril la survie de cette entreprise ?

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