Gabon: la HAC demande à l’UN de prendre toute la mesure du contenu de ses communiqués

Faisant suite au communiqué de presse de l’Union nationale du 5 décembre 2018 signé du Vice-président François Ondo Edou où cette formation politique de l’opposition mettait en garde et dénonçait l’ingérence de certains pays étranger dans les affaires intérieures du Gabon, la Haute autorité de la communication a, au cours d’une séance plénière tenue ce mercredi 12 décembre 2018, tenu à fustiger cette position qui selon elle est « susceptible d’être diversement comprise et interprétée ». Nous publions in extenso l’intégralité du communiqué ayant sanctionné cette rencontre.


« COMMUNIQUE DE PRESSE N° 000012/HAC/2018

La Haute Autorité de la Communication, réunie en Séance plénière ce mardi                                                                                                                                 11 décembre 2018 dans la salle habituelle de son siège, sis Avenue de la Libération, a constaté une fois de plus les errements du discours politique de l’Union Nationale.

En effet, l’Union Nationale a, le mercredi 05 décembre 2018, publié un Communiqué sur la page Facebook de Monsieur François ONDO EDOU, Communiqué relayé, par la suite, par certains médias en ligne.

Dans ce texte au contenu amphibologique, l’Union Nationale invite, je cite : « l’ensemble de l’opposition et les populations au rassemblement et à la mobilisation. Elle appelle tout un chacun à la vigilance. Elle exhorte les Institutions au sursaut républicain et leur demande de faire montre de patriotisme en ces moments déterminants pour la souveraineté de notre pays ». Fin de citation.

De manière voilée, ce Communiqué appelle le peuple gabonais à la mobilisation. On serait tenté de se demander, face à quel ennemi ? Mais Celui-ci semble tout désigné. Il s’agirait du Royaume du Maroc qui, selon lui, ferait du Gabon un Etat vassal.

Le contenu de ce Communiqué laisse entrevoir en filigrane une stigmatisation et un appel à la haine pour ce peuple frère du Maroc, dont le Souverain aurait eu pour seul tort, d’accorder à Son Excellence le Président de la République Ali BONGO ONDIMBA, l’hospitalité, l’attention et la bienséance que nécessite sa convalescence.

L’histoire des conflits armées entre peuples, entre pays nous enseigne que les prémices à l’action militaire furent les dérapages de la communication, le mauvais décryptage des messages, les erreurs d’interprétation et/ou leur mauvaise compréhension.

Et, dans notre cas, cet appel a eu comme écho, l’opération menée par les activistes de la diaspora contre les locaux de l’Ambassade du Royaume du Maroc à Paris.

L’Union Nationale est-elle consciente que le Maroc héberge une forte Communauté estudiantine gabonaise ?

L’Union Nationale mesure-t-elle les conséquences éventuelles de l’application du principe de réciprocité par ce pays frère ?

Aussi, en application des dispositions combinées des articles 41 et 48 de l’ordonnance n°00000010/PR/2018 du 23 février 2018 qui la crée, la HAC fait-elle observer, pour le fustiger et le condamner, à l’Union Nationale que son appel à la mobilisation est susceptible d’être diversement compris et interprété.

Qu’il peut entraîner des dérapages aux conséquences imprévisibles. Le patriotisme et nationalisme doivent être avant tout constructifs et positifs et non néfastes et nuisibles à la Nation.

La HAC demande ainsi à l’Union Nationale de prendre toute la mesure du contenu de ses Communiqués.

Par ailleurs la HAC attire l’attention des médias privés et surtout ceux en ligne, qui servent de plate-forme de relais aux Communications de cet ordre, à ne pas se départir des fondamentaux déontologiques qui fondent l’honorabilité de leur profession. Ceci devant constituer un rappel à l’ordre.

Fait à Libreville, le 12 décembre 2018 Pour la Haute Autorité de la Communication

Le Président

Raphaël NTOUTOUME NKOGHE »  

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