Gabon: le gouvernement se satisfait des élections couplées au faible taux de participation

Le Premier ministre, Emmanuel Issoze Ngondet © GMT

C’est le mercredi 31 octobre dernier, à la faveur d’un Conseil interministériel présidé par Emmanuel Issoze himself et dont l’un des points à l’ordre du jour était le bilan des élections couplées des 6 et 27 octobre derniers, que les membres du gouvernement ont manifesté leur satisfaction non sans évoquer le faible taux de participation qui a prévalu durant ces joutes électorales entraînant ainsi des interrogations sur la légitimité des élus  dont le taux de participation des électeurs n’atteignait même pas les 20% sur plusieurs circonscriptions.

Le Premier ministre Emmanuel Issoze Ngondet et son équipe ont pu se satisfaire des récentes élections couplées, les premières du genre organisées au Gabon. Pour le gouvernement, « sur l’ensemble du territoire, ces élections se sont déroulées dans un climat apaisé et de transparence », rapporte le service de communication de la primature. Ceci sans faire mention du faible taux de participation qui dans certaines circonscriptions n’atteint même pas les 20% au premier tour et au second les 10%.

Le silence des membres du gouvernement dénote semble-t-il du peu d’intérêt qu’ils portent à l’abstention des électeurs gabonais qui en refusant d’aller aux urnes ont d’une certaine manière manifesté leur manque de confiance envers les acteurs politiques d’une part et des organismes en charge de l’organisation des scrutins  d’autres part.

Comment expliquer que sur une circonscription telle que le 2ème siège du 1er arrondissement de Libreville au premier tour sur les 17 530 inscrits seulement 3 402 votants sont allés voter soit un taux de participation de 19,41% sachant que l’ensemble des habitans dudit arrondissement en âge de voter ne sont certainement pas tous inscrits sur les listes électorales. Alors de quelle légitimité peut donc se prévaloir le député de cette circonstance élu au premier tour avec 1525 voix ?

Cette abstention peut s’expliquer selon un observateur de la vie politique gabonaise par « la nonsatisfaction des conditions de vie des populations par les politiques, qui après avoir obtenu les suffrages de leur électorat finissent par ne plus tenir les promesses faites pendant les campagnes. Aussi, la nonprise en compte du vote des populations peut justifier ce désintéressement, puisqu’à chaque élection le candidat qui finit par être déclaré vainqueur n’est pas souvent celui qui l’a été par les urnes. Ils ont donc préféré cette fois-ci rester chez eux les jours de scrutin au premier comme au second tour ».

A l’exception du Haut-Ogooué et de quelques circonscriptions de l’intérieur du pays où le collège électoral est de moins de 5000 électeurs où le taux de participation dépasse la barre des 50%, sur les 4 arrondissements de Port-Gentil par exemple, seuls 46% des électeurs se sont déplacés au premier arrondissement, moins de 30% au deuxième arrondissement, 28,75 % au troisième arrondissement. Des chiffres qui ne devraient pas laisser le gouvernement silencieux surtout quand on sait que les députés auront pour mission de représenter au sein de l’hémicycle les populations, voter les lois qui régissent le vivre ensemble et contrôler l’action du gouvernement.

Si le gouvernement peut se satisfaire de l’organisation des élections législatives et locales, il devrait néanmoins s’attrister du faible taux de participation des électeurs qui implicitement semble-t-il ont voulu désapprouver la gestion de la chose publique par le parti au pouvoir en n’allant pas voter.

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