Gabon: le gouvernement impuissant face au bourbier de la route économique

L’état du réseau routier gabonais continue d’être un véritable noeud gordien pour les gouvernements qui se sont succédé ces dernières années. Avec près de 10 000 km de routes principales, le Gabon compte seulement 936 km de routes bitumées. Comme 90 % du réseau n’est pas bitumé, plusieurs axes routiers sont impraticables en temps de pluie, entravant la fluidité du trafic des biens et des personnes. C’est le cas de l’axe Alembe-Lopé-Mikouyi sur la route économique qui au fil des années est devenu un gigantesque bourbier, alors qu’il constitue une voie de trafic important pour l’économie du pays.

En effet, cet axe fait partie intégrante des corridors de développement économique, d’évacuation et d’échanges de produits agricoles et industriels. C’est par celui-ci que transitent les chargements d’eau ANDZA et de sucre de SUCAF à destination des provinces côtières, ainsi que les matériaux de construction et les carburants à destination des provinces de l’Ogooué Lolo et du Haut-Ogooué. Une position qui au demeurant devait interpeller le gouvernement qui pourtant avait présenté l’entretien de la route comme un axe prioritaire de sa politique.

Sauf que depuis, les paroles semblent avoir laissé place au néant. Audelà de la promesse d’investissement de près de 4 milliards de Fcfa pour l’entretien des routes en latérite annoncé par le ministre de l’Equipement Christian Magnagna devant les vénérables sénateurs, le constat est de plus en plus désolant au regard de l’état de dégradation de ce qu’il convient de nommer désormais piste d’éléphant.   

Pis en matière d’entretien routier, l’opinion se questionne sur la destination de l’argent collecté dans le cadre de la Redevance d’usure de la route (RUR)   instituée par l’ordonnance n° 001/2006/PR du 9 février 2006 portant création du Fonds d’Entretien Routier de deuxième génération qui semble être désormais sous pavillon Agence nationale des grands travaux d’infrastructures (ANGTI).

Par ailleurs, la question de la dégradation des routes, dont la plus emblématique est celle de la Nationale 1 qui devient quasiment une piste de rallye, devrait interpeller le Sénat afin que le gouvernement puisse faire non seulement un état des lieux, expliquer les actions et moyens déjà utilisés pour y remédier mais aussi apporter des améliorations sur le plan de l’entretien.

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