mercredi,2 décembre 2020
Accueil Derniers articles Gabon: Ghislain Ngoulou, reproduit-il la jurisprudence BLA à la présidence ?

Gabon: Ghislain Ngoulou, reproduit-il la jurisprudence BLA à la présidence ?

Ian Ghislain Ngoulou serait selon Echos du Nord, l’homme providentiel de la présidence de la République, le faiseur de rois, celui qui en l’absence du président de la République, prendrait des décisions et placerait à des postes hautement importants du gouvernement, de l’administration et des régies financières, des personnes de son serraille, de son entourage, sa famille et souvent ses amis. Le Directeur de cabinet du Coordinateur général des affaires présidentielles aurait étendu et tissé ses tentacules partout, de la présidence au gouvernement en passant par l’administration, les sociétés parapubliques et les régies financières faisant de lui le nouveau maître des horloges du palais du bord de mer.  

Dans sa parution n° 704 de ce lundi 26 octobre 2020, l’hebdomadaire du groupe Nord édition fait un focus sur Ian Ghislain Ngoulou, le Directeur de cabinet de Noureddin Bongo Valentin. « Depuis la chute de Brice Laccruche Alihanga, Ian Ghislain Ngoulou s’est hissé comme par enchantement au sommet du cercle d’influence qui entoure Noureddin Bongo Ondimba… On y voit sa main derrière nombre de décisions et singulièrement dans les mesures individuelles prises en conseil des ministres », clame l’hebdomadaire.  

A en croire le journal, une nouvelle intrigue, calquée à quelques exceptions près, de la dernière pièce jouée par Brice Laccruche Alihanga et ses BLA-boys, dont le rideau est prématurément tombé par l’intrusion inopinée d’une scène appelée « Scorpion », serait en cours de montage et d’expérimentation à la façon Ian Ghislain Ngoulou au palais présidentiel du bord de mer. 

L’homme serait selon plusieurs indiscrétions rapportées par l’hebdomadaire, le nouveau faiseur de rois de la présidence de la République, exerçant en toute liberté sa fonction de Directeur de cabinet du Coordinateur général des affaires présidentielles, oscillant entre « excès de zèle, népotisme et clientélisme à foison, bardé d’une clef et d’un passeport lui donnant accès à tout », lui permettant de décider sur tout, en tout temps. Une clef estampillée « Noureddin a dit que… », souligne l’hebdomadaire.  

Cet inconnu serait à l’origine au sein du palais, de l’érection d’un système qui n’a rien à envier à celui monté par le tristement célèbre Brice Laccruche Alihanga, ancien tout puissant directeur de cabinet, qui avait nommé dans presque toutes les grandes entreprises publiques, l’administration et au gouvernement ses proches et amis, tous regroupés au sein de la tout aussi ancienne puissante, Association des jeunes émergents volontaires (AJEV). 

A en juger par la liste et les liens entre le nouvel homme fort de la présidence et les bénéficiaires des postes stratégiques, le doute n’est plus permis. Selon l’hebdomadaire Echos du Nord, qu’il s’agisse de la présidence, du gouvernement, des administrations, sociétés parapubliques et agences ou encore des agences, Ian Ghislain Ngoulou y aurait tissé sa toile, nommant au palais du bord de mer avec le chef d’État Major du Président de la République qui du reste serait son oncle. 

Dans le gouvernement, le nouveau « maître des horloges de la Présidence » aurait imposé la présence au ministère des Transports de son beau-frère Léon Armel Bounda Balonzi, à la justice son amie Erlyne Antonella Ndembet ou encore à la défense le Directeur général des Écoles des Forces armées gabonaises, le lieutenant Colonel Tsounghat Patricia, sa cousine. 

L’hebdomadaire l’Aube nous apprenait déja dans sa parution du Lundi 20 janvier 2020 n°268, qu’un certain Ian Ghislain Ngoulou nommerait de façon fantaisiste à des postes de responsabilité sans tenir compte « des susceptibilités sociologiques de notre Nation si densément diversifiée » des proches à lui. Une démarche qui n’est pas sans rappeler et qui ressemble à s’y méprendre, à celle de celui qui porte la paternité de la célèbre tirade « celui qui boude bouge » désormais bagnard à « Sans famille » et tirant peut-être ou pas, les enseignements de ses actes du temps de sa notabilité et de sa prépondérance au sommet de l’Etat. 

Une infortune, qui semble-t-il n’aurait pas servi d’exemple à ce compatriote, méconnu, aux états de service totalement inconnus, nouvellement promu à la présidence de la République au service de Noureddin Bongo Valentin, fils du Chef de l’Etat. Une étiquette qu’il arbore d’ailleurs telle un passe-droit en y faisant usage à foison. « Noureddin a dit que… » serait devenu un sésame politico-administratif  qui pour la signature d’une décision, la promotion à une fonction… ou pour bénéficier des largesses financières et matérielles du « Prince de Consort », comme l’appelle Echos du Nord.

Soutenu dit-on par Arsène Emvahou, Ian Ghislain Ngoulou aurait lui-même planifié le remplacement de Christian Philippe Nyambi Ndoutou du reste cadre du Parti démocratique gabonais (PDG) par Maurice Dikongo à la présidence du Conseil d’administration de Gabon Oil company. Selon certaines sources le faiseur de rois aurait nommé à la société des patrimoines Eddy Privât Lekouka, Boulingui Boulingui comme directeur général des Mines et Pierre Wilfried Pissa Tchambo, ancien intendant de la structure Mayena de Noureddin Bongo Valentin, est bombardé Directeur Général de la SGEPP en remplacement de Ludwine Oyeni Amoni. 

Pis, il se susurre que l’homme aurait également développé un système de prédation des marchés publics. Il se dit qu’il serait le véritable propriétaire de deux entreprises notamment service bâtiment et Meubles (S.B.M) et B.E.S qui est dirigé par un certain Ibrahim Ndiaye qui ne serait en réalité qu’un prête-nom. Depuis quelques mois, Ian Ghislain Ngoulou aurait fait résilier plusieurs contrats au sein de la société du patrimoine pour favoriser ses entreprises.   

Mais le cas le plus caractéristique et symptomatique de cette prépondérance présumée du Directeur de cabinet de Noureddin Bongo Valentin reste « la nomination comme ministre des Hydrocarbures de son frère de sang Vincent de Paul Massassa ». Le palais semble avoir un nouveau roi qui conduirait les affaires présidentielles à sa guise et prendrait des décisions importantes dans la haute administration gabonaise sans consulter, au préalable, des hauts commis de l’Etat, qui dans les faits, sont ses supérieurs hiérarchiques. 

Une réalité présumée qui nous conduit à remettre au devant de la scène une interrogation ? Pour quelle raison BLA, l’ancien directeur de cabinet, a-t-il été critiqué et combattu du temps de sa toute puissance à la présidence de la République si ses remplaçants en l’occurrence le Directeur de cabinet du fils du président, semblent prendre la même trajectoire en nommant à la tête et par affinité ? La question reste posée

Toujours est-il que ces nominations qualifiées de claniques et partisanes donnent une autre lecture de la disgrâce de Brice Laccruche Alihanga et de ses lieutenants, dont les arrestations et les placements en mandat de dépôt avaient été du reste, salués par l’opinion. En se rendant compte que l’exécutif a « déshabillé Pierre pour habiller Paul », l’opinion pourrait au final crédibiliser l’idée d’un règlement de comptes pour installer au palais du bord de mer « le triumvirat Noureddin Bongo, Théophile Ogandaga et Ian Ghislain Ngoulou », comme le soulignait Echos du Nord.

Laissez votre commentaire

Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
Global Media Time Gif 2px
Bestheinfusion