Gabon: gestion scabreuse et illégalité, la CNSS victime de ses «propres turpitudes»

En médaillon la Directrice générale de la CNSS Nicole Assélé © GMT

Alors qu’elle traverse une période assez délicate sur le plan financier, la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS) a décidé de prendre le taureau par les cornes et d’affronter ses propres vices et réalités. Ainsi, c’est à la faveur d’une conférence de presse, que Nicole Assélé la directrice générale de cette entité, a révélé implicitement que la situation actuelle était liée à un manque de discipline en interne, avant d’ajouter que la CNSS était « victime de ses propres turpitudes ».

GABON LIBREVILLE

En accompagnant une « décision politique » à partir de l’année 2014, qui a conduit au paiement mensuel des pensions, les “anciens” dirigeants de la Caisse Nationale de Sécurité Sociale (CNSS), ont ouvert la voie à un dysfonctionnement de grande amplitude. Pleinement ressentie aujourd’hui par la nouvelle direction en poste depuis 2017, cette décision qui a été prise « en dehors du cadre légal » n’est que la résultante d’une série de « choix de gestion critiquables ».

En effet, en optant pour la mise en place d’un système de paiement mensuel pour les retraités du secteur privé et parapublic, alors même que le paiement des pensions et rentes au Gabon est encadré par la loi 6/75 du 25 novembre 1975, portant code de Sécurité Sociale, dispose en son alinéa 2 que le « paiement des pensions et rentes est effectué trimestriellement à terme échu », l’ancienne direction générale a hypothéqué les conditions de viabilité financière de cette institution, qui on le rappelle, prélève trimestriellement les cotisations des entreprises de ces secteurs.

Cette décision discutable et critiquable, qui en plus de réduire le temps de traitement des dossiers à l’insuffisant délai de « 5 jours par mois », a également fait passer les charges d’organisation et de logistique à 120 millions de Fcfa mensuels soit 360 millions de Fcfa trimestriellement. Alors qu’elle impacte aujourd’hui les finances de l’institution de manière extrêmement négative, au regard du gap de 4 milliards de Fcfa existant entre des encaissements à 28 milliards de Fcfa et des dépenses à 32 milliards de Fcfa, la CNSS était donc « obligée » de revenir à un mode de paiement mensuel, qui on le rappelle, est conforme aux exigences de la loi.

« victime de ses propres turpitudes » donc, mais aussi d’une absence de planification et de gestion rigoureuse, la CNSS par le biais de sa directrice générale Nicole Assélé, a décidé de revenir aux fondamentaux d’une orthodoxie financière et surtout de se conformer au « cadre légal ». Reste à savoir si cette réforme qui n’en est pas vraiment une, aura les résultats souhaités par la direction, qui déclare sa situation « préoccupante ».

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