Gabon: garde à vue illégale de Ballack Obame

Ballack Obame entame son 14 jours de détention © D.R

Arrêtés au nombre de quatre le 21 janvier dernier au quartier Plaine Orety dans le 1er arrondissement de Libreville pour nécessité d’enquête dans l’affaire des putschistes du 7 janvier, trois d’entre eux ont depuis lors recouvré la liberté sauf Ballack Obame. Sa garde à vue inquiète tant elle semble sortie du cadre légal en matière de procédure pénale.

Ballack Obame demeure en garde à vue depuis 14 jours aujourd’hui alors que l’article 50 du Code de procédure pénale en matière de délit prévoit expressément que « la durée de garde à vue ne peut excéder les 48 heures ». Le même article précise que  ce délai ne peut être prolongé de 48 heures qu’en cas de demande écrite du procureur de la République. Aussi, dans le cas du crime l’article 61 dudit Code prévoit que la garde à vue peut être repoussée de 8 jours suivant une demande écrite du procureur de la République.  Ces trois cas semblent aujourd’hui largement dépassés.

Plus grave, le motif réel n’a toujours pas été communiqué ni aux parents ni à l’Union nationale, son parti politique et personne ne peut le voir. Du moins, c’est ce qu’ont laissé entendre ses proches à notre confrère de l’hebdomadaire Echos du Nord. « Il n’est pas ici, on ne le connaît pas disent-ils au B2 », a indiqué la compagne du concerné. Est-il en bonne santé ? Rien n’est moins sûr. Par contre, les droits de la personne gardée à vue mentionnés aux articles 52 et suivants du Code de procédure pénale dont Ballack Obame est bénéficiaire sont violés au nez à la barde de la Commission des Droits de l’Homme, du Médiateur de la République et de la Chancellerie par des magistrats pourtant garants des libertés individuelles.

Cet énième acte de violation de la loi en cours remet sur le tapis l’application des engagements pris par les autorités judiciaires vis-à-vis de leurs concitoyens. Rappelons que lors de leur prestation de serment, les magistrats  jurent  « de respecter scrupuleusement la loi  et de se conduire en digne et loyal magistrat ». Le cas de ce jeune devrait être un bel exercice pour Olivier Nzaou le nouveau procureur de la République près le tribunal judiciaire de première instance de Libreville.

Laissez votre commentaire