jeudi,29 octobre 2020
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Gabon: fusion GOC-Sogara, le «poker menteur» du gouvernement

Annoncé à l’issue du dernier Conseil des ministres, la fusion de la Société gabonaise de raffinage (Sogara) avec Gabon oil company (GOC) est encore dans les esprits, suscitant à la fois incompréhension et indignation. Cette fusion qui s’apparente à un poker menteur du gouvernement, soulève un certain nombre de questions, d’autant plus que la Sogara vient d’être classée 3ème plus grosse entreprise gabonaise en terme de chiffre d’affaires avec 402,6 millions de dollars (233,7 milliards de Fcfa) par le magazine Jeune Afrique dans son classement annuel.

Les récriminations faites par les équipes du Fonds monétaire international (FMI) à l’issue de leur dernière mission de visite au Gabon, auront semble t-il finalement eu raison de l’une des plus anciennes et plus grosses entreprises gabonaise. Créée en 1964 par des États africains pour assurer le traitement de leur pétrole et en tirer le maximum de produits à forte valeure ajoutée, la société gabonaise de raffinage (Sogara) qui compte près de 300 salariés, vient de fusionner avec sa jeune cousine Gabon oil company (GOC).

En effet, cette fusion qui s’apparente plus à une absorption visant à masquer les difficultés de l’une et l’autre, qu’à une volonté de créer un mastodonte des hydrocarbures, souligne une fois encore l’opacité dans la gestion de la chose publique. Dans les faits, comment une entreprise classée troisième (3ème) en terme de chiffre d’affaires au Gabon, dixième (10ème) à l’échelle sous-régionale et trois cent huitième (308ème) à l’échelle continentale, peut-elle disparaître, quand on sait qu’elle a le monopole du marché du raffinage dans le pays?

En entérinant la fusion de la Sogara qui disposait pourtant en 2018 d’un chiffre d’affaires de plus de 233,7 milliards de Fcfa, avec Gabon Oil company (GOC), le gouvernement officialise ce “poker menteur” visant à masquer ses difficultés à réorganiser cette société publique, à l’image de ce qui est fait avec la Société gabonaise de transport (Sogatra) notamment. Toute chose égale par ailleurs, le fait que Noel Mboumba ancien Directeur général de la Sogara, ait été propulsé à la tête du département Pétrole, Gaz et hydrocarbures au sein du nouveau gouvernement, conforte la position des adeptes de « la théorie du complot ».

De plus, alors que le fait de disposer d’une société nationale des hydrocarbures et d’une raffinerie, devait permettre de réduire au maximum le coût des carburants pour des populations asphyxiées, on assiste plutôt à l’effet inverse. Incompréhensible donc, cette fusion dont on ignore encore les éléments liés à la répartition, à l’utilisation des fonds et à l’opérationnalisation des activités, n’a donc pas fini de faire couler plus d’encre que de pétrole.

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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