Gabon: Fridolin Mve Messa dénonce «le mensonge» du gouvernement

Dans une interview accordée à nos confrères du quotidien L’Union, dans sa livraison de ce jeudi 11  avril, le secrétaire général du Syndicat de l’éducation nationale (Sena) Fridolin Mve Messa a tiré à boulets rouges sur le gouvernement de Julien Nkoghe Bekale, allant jusqu’à dénoncer « un mensonge » de la part de l’équipe gouvernementale qui dit fonder le durcissement des conditions d’accès à la bourse sur  les conclusions des  états généraux de l’Éducation de 2010.

Questionnée par Rudy Hombenet Anguingui sur les conclusions des états généraux de l’Éducation concernant les nouvelles modalités d’attribution de  la bourse d’études, le SG du Sena a battu d’un revers de la main l’inscription d’une moyenne et d’un âge précis pour pouvoir jouir de l’aide et de l’assistance de l’Etat après l’obtention du baccalauréat. « Dans le rapport des états généraux, il n’est fait mention nulle part que la bourse sera conditionnée à la moyenne de 12 et à l’âge de 19 ans », a-t-il confié. Une sortie qui démontre que le gouvernement ne dit pas toute la vérité en communiquant sur cette réforme qui a entraîné une levée de boucliers de chez les  élèves sur l’ensemble du territoire.

Poursuivant son propos, le leader syndical pointe du doigt « la mauvaise foi » du gouvernement. « Dans sa défense, le gouvernement ne dit pas que nous avons exigé, lors de ces états généraux, qu’il fallait ramener les effectifs à 35 élèves par classe. Or, aujourd’hui, aucune classe ne compte 35 élèves. Nous avons des classes de plus de 100 élèves et d’autres où il n’y a pas tous les professeurs. Parmi les recommandations, nous avons décidé de la formation des enseignants en quantité et en qualité », a-t-il expliqué.

A en croire Fridolin Mve Messa le gouvernement à une fois de plus mis « la charrue avant les boeufs » en exigeant « l’excellence » alors qu’« aujourd’hui, nous avons un déficit de plus de 1 600 enseignants de sciences (…) des élèves qui font de la 6e en 3e sans professeurs de mathématiques, SVT ou physique », a-t-il fait constater. Tout ceci sans que l’Etat n’ait « construit d’établissements scolaires comme convenu dans les recommandations des états généraux et décidé d’introduire l’anglais et d’ajouter les langues nationales dès le pré-primaire, revoir les curricula, ce qui n’a pas été fait », a-t-il poursuivi tout en justifiant la levée de bouclier des élèves. « La sortie de nos enfants est tout à fait normale », a-t-il conclu.

Si en réponse aux trois jours de contestation des élèves des lycées et collèges du Gabon, le ministre en charge de l’Education nationale Michel Menga M’Essone a décidé de la fermeture jusqu’à nouvel ordre de l’ensembles des établissements scolaires publics, rien ne présage un amenuisement du mouvement de contestation des apprenants.

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