Gabon: les fonds prévus pour l’hôtel des impôts reversés au trésor après l’échec du projet

Direction générale des Impôts © GMT

Le flou entourant l’affaire de la disparition dans les comptes de BGFI Bank de 25 milliards destinés à la construction de l’hôtel des Impôts de Libreville commence peu à peu à livrer ses premiers éléments. Selon toute vraisemblance cette somme était non seulement prévue pour la mise en place de cet édifice, abandonné par la suite, mais devait aussi servir au fonctionnement de ladite direction générale.



En effet, cette affaire qui aurait des ramifications au sein de l’establishment a refait surface après l’éviction le lundi 19 novembre dernier, des services des Relations publiques et de la direction des régimes spécifiques, jusque-là locataires dans l’Immeuble Orchidia. Après ce honteux épisode certains individus aux impôts ont fait tourner les regards vers l’ancien directeur général des impôts Joël Ogouma, actuellement gouverneur de la province du Woleu-Ntem, son prédécesseur à ce poste avait indiqué qu’au moment de son départ, un compte à BGFI Bank était crédité d’un montant de 25 milliards destiné au projet de construction de l’hôtel des impôts de Libreville.

Il revient que ce projet initié en 2009 par l’ancien directeur général Michel Mpega, commencera à prendre forme par le lancement d’un appel d’offre en 2011 sous la présidence de Joël Ogouma. La signature des marchés des travaux interviendra en juin 2012 et un rapport de la direction des marchés publics validera d’ailleurs ledit projet. Pour comprendre le déroulement de cette affaire, il faut noter que le montant mentionné par Michel Mpega était destiné au fonctionnement des services et à l’investissement dont la construction dudit hôtel.

Sauf qu’après discussion avec les plus hautes autorités, le projet sera vite abandonné, car dit-on il fallait tenir compte des besoins des autres services du ministère de l’Économie. La part allouée à la construction du siège sera donc virée au Trésor, tandis que l’autre partie servira au fonctionnement des services des impôts. Une version que pourrait corroborer Yolande Okolantsogo à l’époque Trésorier payeur général et le patron de BGFI Bank Henri Claude Oyima.

Toutefois, cet épisode  soulève des questionnements sur la légèreté avec laquelle les projets sont pensés par les autorités, causant un imbroglio dans la gestion des fonds publics. Pour coller au dernier rapport de la Cour des comptes il serait important que la gestion de ces fonds se fasse uniquement par les services du trésor dans le strict respect de l’orthodoxie financière.

Laissez votre commentaire