Gabon: Finis les «Goudronniers», «Bonobo», «Bordelles», «Tchiza», «Massama» …?

Creol, Donz'er et Shan'l © D.R/GMT

Faisant suite au tollé suscité par la diffusion des oeuvres à caractère obscène, appelant à la violence et à la consommation de stupéfiant, le gouvernement par l’entremise d’un communiqué du ministre de la Communication, Guy Bertrand Mapangou vient d’interpeller les responsables des médias sous sa tutelle technique et les médias privés sur les sanctions encourues du fait de la retransmission de contenu à caractère attentatoire aux bonnes moeurs. 

La popularité des artistes est due à des tubes tels que « Bonobo », « Goudronniers », « Bordelles », « Tchiza » ou encore « Massama » et « Le trou » qui  selon le gouvernement sont contraires aux valeurs morales et traditionnelles gabonaises. Ces mêmes artistes poussent leurs fans à faire des challenges divers, pour inciter les jeunes à adopter leur comportement. Un aspect non négligeable est la naissance de plusieurs groupes subjectifs tels que le « Tabouret gang », « Les télétubbies » et « Les Playgirls » qui depuis un certain temps font la promotion d’une vie de débauche et de facilité.

Par ce communiqué, le gouvernement vient démentir les accusations sur sa résignation quant à la protection de l’enfance et de l’adolescence. Une prise de position qui s’inscrit dans la volonté des plus hautes autorités dont le président de la République, Ali Bongo Ondimba de faire de la jeunesse un levier du développement. Une ambition compromise par ces artistes qui s’illustrent par la promotion de comportements irresponsables.

Aucun étonnement que ce rappel au respect de la législation en vigueur pourrait entraîner la suspension de la télé réalité de l’artiste Creol sur la chaîne nationale Gabon 1ère, si les producteurs de cette émission ne se plient pas aux prescriptions du Code pénal. Surtout que depuis la retransmission de l’émission, l’artiste est de plus en plus suivi et même dans les réseaux où elle aurait dernièrement tenu des propos vulgaires lors de différents lives.

Un des comportements qui a amené le gouvernement à interpeller les médias publics et privés, qui font le relais de ces contenus, et à menacer les contrevenants à cette décision d’application des dispositions de l’article 212 du Code pénal qui expose à « la peine d’emprisonnement de 2 mois à 2 ans et d’une amende de 24 000 à 500 000 F cfa » quiconque se serait rendu coupable d’outrage aux bonnes moeurs.

Cette décision qui vient à point nommé touche également d’autres artistes dont le contenu musical n’est pas moins attentatoire aux valeurs nationales. Depuis de nombreuses années la question de l’usage de thèmes faisant référence au sexe, la violence et la drogue était au centre des débats dans l’opinion nationale. Mais cette mesure qui semble salutaire n’arrive-t-elle pas trop tard?

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