jeudi,29 octobre 2020
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Gabon : financement occulte d’associations et parti politiques, la face cachée du scandale de la GOC

Les révélations sur la distraction du montant pharaonique de 85 milliards de FCFA par l’ancien Administrateur directeur général de la Société nationale des hydrocarbures Christian Patrichi Tanasa Mbadinga a permis de mettre en lumière les pratiques occultes qui ont cours dans la sphère politique gabonaise. En effet, dans sa parution du mercredi 27 novembre 2019 le quotidien L’Union nous apprend que 3,8 milliards auraient servi au financement « d’associations » avec des ramifications au sein du gouvernement.  

Il n’est un secret pour personne que la corruption dans le milieu politique gabonais est une véritable gangrène qui peine à être éradiquée. La preuve encore avec ce qu’il convient désormais d’appeler le GabonOilGate qui a mis en lumière les concussions et pratiques peu orthodoxes qui ont cours au sein de la classe politique. 

Dans sa parution du 27 novembre 2019, on apprend que « 6,7 milliards de francs de chèques ont été décaissés au nom des personnes physiques sans justificatifs ». Pis « les relevés des comptes de la GOC montreraient une activité importante des associations. On relèverait ainsi, pour le compte de la GOM, 3,8 milliards de francs pour le financement des associations sur les deux dernières années avec des justificatifs non probants ».

Un scandal d’une envergure inimaginable pour l’analyste économique Mays Mouissi, qui dans un entretien accordé à Gabon Media Time, s’interroge sur les personnalités physiques et autres associations  ayant bénéficié de ce qui apparaît comme des cas de corruption et de financement occulte à peine voilés. « Qui a bénéficié de cet argent, quelles sont les associations politiques qui ont bénéficié de cet argent ? Est ce qu’on a des élus dans les conseils municipaux et au Parlement qui ont été élus sur la base d’une campagne financée par des fonds détournés au niveau de l’État ? Est ce que nous avons des receleurs qui siègent aujourd’hui au Parlement dans des conseils départementaux qui ont financé leur accession à ces fonctions avec de l’argent détourné au sein de la Goc? », s’est-il interrogé. 

Des questionnements d’ailleurs légitimes alors que le gouvernement a récemment mis un accent particulier sur la lutte contre la corruption et l’enrichissement illicite. Pour un observateur de la vie politique gabonaise, les présumés receleurs serait tout trouvé. « Le commun des Gabonais sait qu’il y a des partis politiques tel que le RV (Rassemblement pour la restauration des valeurs, NDLR) et le SDG (Sociaux démocrates gabonais) qui ont bénéficié de cet argent puisque réputés être proches de l’ancien DCPR Brice Laccruche Alihanga », nous a confié un ancien député du Parti démocratique gabonais qui s’était fait battre par l’une de ces formations politique. 

Par ailleurs, l’économiste n’a pas manqué de soulever une préoccupation qui rallie celle de l’opinion. Le rôle du gouvernement dans ce scandal financier de grande ampleur où certains membres de l’equipe Nkoghe Bekale sont explicitement cités. « Nous sommes face au plus grand scandale financier que le Gabon ait connu au cours de la décennie alors monsieur le Premier ministre doit pouvoir répondre devant la Nation, il est responsable à plusieurs titres », avait relevé Mays Mouissi. 

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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