Gabon: face à l’incapacité du gouvernement à construire des écoles, le privé se frotte les mains

On ne le dira jamais assez, le système éducatif gabonais souffre entre autres maux d’un énorme déficit en infrastructures scolaires publiques. Face à cette incompétence notoire des autorités, incapables de construire des établissements scolaires dignes de ce nom, nous assistons impuissants à la prolifération des écoles privées qui parfois, ne répondent pas aux normes. En cette période de rentrée scolaire, les parents d’élèves seront une fois encore confrontés à ce dilemme.

Grèves à répétition, absence de nouveaux établissements dans les grands centres urbains à l’origine des effectifs pléthoriques, vétusté des établissements existants autant d’éléments qui compliquent les conditions d’études des apprenants. Bien qu’habitués aux nombreux éléphants blancs mis au compte de l’Etat, les populations vivent dans l’espoir de voir les 60 lycées prévus au budget en 2013 réalisés.

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Pour assurer un meilleur avenir à leur progéniture, les parents d’élèves conscients de cette défaillance de l’appareil étatique, se trouvent obligés de se tourner vers les écoles privées. Leur prolifération au nez et à la barbe des autorités est sans aucun doute liée à l’absence d’un réel contrôle de ces établissements sur le terrain. De telles pratiques sont de nature à constituer un véritable danger pour les jeunes dont l’avenir est sacrifié. 

D’ailleurs, pour renflouer les caisses de ce commerce florissant, on peut déjà observer le bal de travaux au sein de ces structures qui se préparent pour la rentrée scolaire 2019-2020. Coup de peinture par-ci, entretien de la concession scolaire par-là, procédures d’inscription et de réinscription, tout est fait pour attirer les parents. Mais dans quelles conditions? « Les maisons (que dis-je) les cabanes sont transformées en structures scolaires. Pourvu qu’on passe une couche de peinture, installe quelques morceaux de bois faisant office de tables-bancs et des enseignes pompeuses » regrette un compatriote interrogé par le quotidien L’Union

Autre problématique soulevée par l’existence de ces structures, la qualité du personnel qui très souvent est dépourvu de diplômes adaptés ou de toute pédagogie. Une situation qui devrait dès lors  interpeller une fois encore le gouvernement car il en va de l’avenir du pays. Il est plus que temps que l’éducation soit placée au premier rang des priorités car comme l’avait dit Nelson Mandela, « L’éducation est l’arme la plus puissante qu’on puisse utiliser pour changer le monde »

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