Gabon: Fabrice Andjoua et la DGBFiP rattrapés par leurs excès

Fabrice Bongo Ondimba Directeur général du Budget et finances publiques © D.R

Alors que le ministère du Budget et des Comptes publics, vient d’instituer « l’obligation de reporting des opérations de dépenses de l’État » visant principalement la Direction générale du Budget et des Finances Publiques  (DGBFiP), cette entité dirigée par Fabrice Andjoua Bongo Ondimba, a également été écrouée par le récent rapport de la Cour des Comptes. Entre autres réclamation faites par la juridiction financière, le « nonrespect de la loi » notamment en ce qui concerne la fourniture des documents dans le délai légal.



Toute puissante direction générale dans l’appareil étatique, la DGBFiP dirigée par Fabrice Andjoua Bongo Ondimba, s’est longtemps soustraite aux règles primaires d’orthodoxie financière. Épinglée par la Cour des comptes dans son rapport sur l’exécution de la lois de finances 2017, plusieurs manquements lui ont été reprochés avec en première ligne « la transmission tardive des documents relatifs au contrôle ».

En effet, alors que la loi organique relative aux lois de finances (LOLF) exige que tous les documents soient produits au plus tard le 30 juin de l’année suivant celle au titre de laquelle ils sont établis, la DGBFiP s’est elle, octroyé le droit de fournir ces documents le 6 novembre 2018, soit près de 6 mois après le délai légal. Cette situation qui s’explique en partie par l’absence de reporting en temps réel des données financières, a irrémédiablement conduit à des dérives comme en témoignent les chiffres fournies dans ce rapport de la Cour des Comptes.

Ce mépris des règles qui entrave la transparence de la plus puissante direction générale du pays, souligne également le manque d’éthique et de déontologie de son dirigeant, qui faut-il le rappeler est “médecin de formation”. Par ailleurs, cette transmission tardive des documents par la DGBFiP, serait également à l’origine des discordances entre les documents d’exécution budgétaire émanant de la direction générale de la Dette et de la direction général du Budget et des finances publiques, ce qui symbolise une forme répandue d’opacité.

Si le ministère du Budget et des Comptes publics vient d’instituer « l’obligation de reporting des opérations de dépenses de l’État » pour justement lutter contre ces dérives autocratiques, celles ci devraient en outre permettre au Gabon de s’arrimer aux nouvelles normes de gestion. Quoi qu’il en soit, la DGBFiP dont nous avons tenté en vain de contacter le responsable, devra dorénavant se plier aux nouvelles règles de gestion, mais surtout à l’autorité de son ministère de tutelle.

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