mardi,26 janvier 2021
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Gabon: en perdition, l’école publique de moins en moins populaire

Face à l’absence d’investissements massifs de l’exécutif dans l’éducation populaire, l’école publique gabonaise se retrouve de moins en moins fréquentée. Entre écoles ne respectant pas ou plus les normes structurelles, sanitaires et hygiéniques, multiplication des risques sécuritaires, enseignement en décrépitude, l’école publique gabonaise est de moins en moins populaire au détriment d’une école privée de plus en plus onéreuse.

Parmi toutes les régions, l’Afrique subsaharienne a les taux les plus élevés d’exclusion de l’éducation. C’est un fait, souligné par l’Unesco (Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture). Ainsi, en dépit de « l’importance d’assurer l’accès de tous à une éducation de qualité, sur un même pied d’égalité, et de promouvoir les possibilités d’apprentissage tout au long de la vie » que résume l’objectif n°4 des ODD, de nombreux pays peinent à offrir à leurs populations, des infrastructures de base.

C’est notamment le cas du Gabon. En effet, alors qu’il n’a pas hésité à s’endetter à hauteur de plus de 20 milliards de FCFA pour la construction du « palais des Sports de Libreville » et qu’il a décaissé plus de 10% du budget d’investissements entre 2015 et 2017 à la construction de stades, l’exécutif gabonais n’a pas été en mesure de construire de nouvelles écoles pour sa jeunesse. Une jeunesse de moins en moins scolarisée du fait des difficultés socio-économiques qui minent le pays et ruinent les familles.

Ainsi, alors même qu’elle favorise la mobilité socio-économique et constitue un moyen d’échapper à la pauvreté, l’éducation populaire au Gabon semble ne plus constituer une priorité. D’ailleurs, loin du prétexte qu’elle constitue pour l’exécutif gabonais, la Covid-19 a révélé les nombreuses failles dans le secteur éducatif puisqu’elle a contraint les autorités à imposer la fermeture temporaire des écoles. Une fermeture qui ne s’est nullement accompagnée de mesures pouvant permettre l’apprentissage à distance de manière optimale.

Au-delà de ces aspects structurels et infrastructurels, la fébrilité du secteur de l’éducation concourt également aujourd’hui à affaiblir les finances des ménages dont le pouvoir d’achat ne cesse de dégringoler, puisque la seule alternative pouvant offrir aux enfants une éducation sensiblement meilleure, se trouve être l’école privée. De plus en plus onéreuse, celle-ci constitue aujourd’hui le principal choix des parents d’élèves en dépit du fait que leurs finances se trouvent de plus en plus limitées.

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Ladji Nze Diakitéhttps://www.gabonmediatime.com
Titulaire d'un Master en Audit, Contrôle de Gestion et aide à la Décision, passionné de journalisme, j'analyse au quotidien l'actulaité économique du Gabon et du continent Africain ainsi que l'actualité sportive.
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