Gabon : en 30 ans le nombre de têtes de bétail est passé de 24 638 à 6387

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Le ministre de l'Agriculture Biendi Maganga Moussavou lors de la visite d'un site d'élevage de betail à Libreville © D.R.

C’est probablement l’une des conséquences du massif exode rural observé au cours de ces dernières décennies. Alors qu’en 1989 encore, le Gabon était en train de devenir un pays d’élevage avec tout juste un peu moins de 25 000 têtes de bétail, le secteur de l’élevage a connu une lente régression, pour ne plus compter en 2018 que 6 387 têtes de bétail. Autre conséquence de cette baisse drastique du cheptel national, le Gabon est aujourd’hui le plus gros importateur d’Afrique centrale. 


Gérés dans le temps par Agrogabon compagnie nationale dédiée à cette activité, les trois ranchs situés dans la Nyanga, le Haut-Ogooué et la Ngounié comptaient en 1989 pas moins de 24 638 têtes de bétails. Preuve de la montée en puissance de cette filière à l’époque, entre 1987 et notre année cible, le cheptel avait connu une évolution moyenne de 3000 bêtes, comme on peut le constater dans le tableau de bord de l’économie de 1989. 

En 2009 déjà, soit 20 ans plus tard, le cheptel national est passé de 24638 bêtes à moins de 10000. Au cours de cette période, on pouvait déjà remarquer la faillite de cette filière, puisque Agrogabon avait déjà été privatisée et la gestion de l’élevage national récupéré par Siat Gabon. 10 ans plus tard, soit en 2019, le nombre de bêtes présentes dans les ranchs nationaux n’est plus que de 6387. 

Si cette filière est remise au goût du jour, à l’heure où le monde cherche des voies et moyens pour atteindre l’objectif « faim zéro », sa déchéance au fil des années souligne surtout l’absence de vision à long terme des autorités. Or, suivant la courbe ascendante qu’a connue cette filière fin des années 80, le pays disposerait aujourd’hui d’au moins 300 000 têtes de bétails, ce qui aurait été un pas en avant vers l’objectif d’autosuffisance alimentaire. 

Obligé d’importer sa viande rouge du Cameroun voisin, ou encore du Tchad, le Gabon contraint sa population à s’alimenter avec des surgelés au conditionnement douteux, ce qui à terme est vecteur de nombreuses maladies. Soutenu par la FAO et l’AFD notamment dans sa nouvelle politique d’élevage, le gouvernement doit resituer ses priorités et ses objectifs, pour créer des conditions véritablement optimales, cohérentes et favorables visant à atteindre l’autosuffisance alimentaire. 

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