Gabon: Dynamique Unitaire refuse la trêve sociale proposée par Mangaga Moussavou

Des membres de Dynamique Unitaire © GMT

Ce mercredi 12 décembre 2018, la confédération syndicale Dynamique Unitaire (DU) s’est réunie en assemblée générale au terrain de basket d’Awendje, dans le 4e arrondissement de Libreville. La principale question à l’ordre du jour était le bilan de la rencontre avec le Vice-président de la République Pierre-Claver Maganga Moussavou, à la suite de laquelle l’assemblée des travailleurs a décidé de rejeter la proposition de trêve sociale et de confirmer la marche pacifique du 18 décembre prochain à Libreville.

Suite au mouvement de grève générale de trois jours déclenché en début de semaine, le bureau confédéral de DU avait été reçu lundi 10 décembre par Pierre-Claver Maganga Moussavou. Ce dernier a proposé aux travailleurs de procéder, au nom de l’apaisement social, à une trêve en attendant le retour du président de la République Ali Bongo Ondimba, absent du pays depuis près de deux mois pour des raisons de santé. Il a en outre demandé à la confédération syndicale d’annuler la marche pacifique prévue le 18 décembre prochain. Face à ces propositions, l’assemblée des travailleurs a opposé une fin de non-recevoir au Vice-président de la République.

Considérant qu’une trêve sociale ne peut avoir lieu sans concertation avec le gouvernement aboutissant à la satisfaction des revendications des travailleurs, DU a confirmé la tenue d’une « marche noire pacifique » qui partira du rond-point de la Démocratie le mardi 18 décembre dès 8 heures. La confédération syndicale appelle les travailleurs et tous les citoyens gabonais à se mobiliser pour protester contre les mesures d’austérité, et réclamer la démission de la Cour constitutionnelle, accusée d’avoir modifié l’article 13 de la Constitution afin de ne pas déclarer la vacance du pouvoir.

DU s’est par ailleurs félicitée du suivi du mouvement de grève générale du 10 au 12 décembre, estimant que 60% de l’administration publique a été paralysée durant ces trois jours. Si ce chiffre reste à vérifier, nul ne peut en revanche nier que le climat social s’est considérablement dégradé, tant la classe politique, la société civile et la population sont montées au créneau ces derniers mois.

Cette situation tire son origine d’une part, des mesures d’austérité consécutives à la crise économique que traverse actuellement le pays, et d’autre part de l’instabilité politique engendrée par l’absence, depuis le 24 octobre dernier, du chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba ainsi que la confusion entourant son état de santé et sa capacité à gouverner. Reste à savoir si les autorités prendront les mesures nécessaires afin d’éviter que cette situation de crise ne s’amplifie.

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