Gabon : Dr Vane et le Code de bonne conduite polémique du CHUL

Gabon Gabonmediatime Chul Dr Marie Thérèse Vane épouse Ndong Obiang
Le directeur général du CHUL, Dr Marie Thérèse Vane épouse Ndong Obiang © Gabonreview

Que se passe-t-il au sein du Centre hospitalier universitaire de Libreville (CHUL)? C’est la question que l’on pourrait se poser au vue des bruits de couloir enregistrés ces dernières semaines dans cet  établissement public. En effet, les internes en médecine seraient contraints à la signature d’un Code de bonne conduite par la direction générale comprenant des obligations léonines et qui mettrait à mal le droit de ces étudiants en fin de cycle de médecine. 


Bien que réglementaire, le Code de bonne conduite proposé à la signature par le directeur général du CHUL, Dr Marie Thérèse Vane épouse Ndong Obiang, semble faire l’objet de réprobation auprès des internes en médecine qui y voient presque un abus d’autorité.  Ledit document querellé comprend selon des sources au sein de l’établissement sanitaire, des dispositions qui exposent plus les internes en médecine que les responsables. Une position balayée d’un revers de la main par la direction générale. 

Dans ce document dont Gabon Media Time a pu obtenir copie, il est fait obligation à l’interne d’accomplir des tâches qui normalement doivent se faire sous le contrôle d’un responsable, ce qui semble ne pas être  le cas puisque non précisé dans ledit Code de bonne conduite. Ainsi, au nombre de ces obligations on peut compter par exemple, « l’établissement d’un diagnostic positif et la conduite du traitement sur la base de ce diagnostic, la rédaction des actes et gestes diagnostiques et thérapeutiques usuels, la rédaction correctement d’une ordonnance médicale, la supervision de la mobilisation médicalisée du malade », pour ne citer que que ces obligations-là. 

Des devoirs qui semblent pour le moins curieux et qui laissent endosser toute la responsabilité aux internes en cas de manquement. Faut-il rappeler qu’en général l’interne en médecine est un étudiant de troisième cycle des études médicales, ce qui suppose que celui-ci ne dispose pas de compétences complètes en la matière. Pis,  ces dispositions violent allègrement le principe de responsabilité du fait d’autrui qui fait obligation de réparer le dommage causé à autrui par les personnes dont on répond. Ce qui suppose pour le cas des internes en médecine qu’on les met à la place des responsables de la structure sanitaire où ils effectuent leur stage. Qu’arriverait-il si un interne prescrivait une ordonnance pour le mauvais diagnostic, entraînant des dégâts au patient ?

Contacter par Gabon Media Time, le directeur général du CHUL, Dr Marie Thérèse Vane épouse Ndong Obiang, a rejeté ses accusations qui selon elle sont sans fondement. Si la mise à disposition des internes est fait par la faculté de médecine, le premier responsable de cet établissement sanitaire a déclaré qu’elle n’était pas dans l’obligation de les accepter. « Ce code de bonne conduite a été élaboré par des professeurs agréés. Les internes ne sont responsables de rien. Ils sont encadrés et sous la tutelle des seniors. Ils ne sont responsables de rien parce qu’ils ne sont rien », a-t-elle  lancé. 

Outre cette question, les internes boudent le caractère léonin de  ce supposé Code de bonne conduite. Pour cause, ledit code n’évoque que des obligations sans aborder la question des droits que peuvent avoir ces derniers dans le cadre de leur travail au sein de la structure hospitalière. « Il est incompréhensible que ce soit nous qui nous tapions tout le boulot et que l’on ne reconnaisse même pas nos droits », nous a confié l’un d’eux.  

Une position une fois de plus réfutée par la direction générale du Centre hospitalier universitaire de Libreville. « Les internes n’ont pas de règle à dicter à la structure. Le seul droit qu’ils ont c’est d’apprendre, ils sont là pour pratiquer la médecine et cela sous le contrôle du médecin résident », a indiqué le Dr Marie Thérèse Vane épouse Ndong Obiang. Dans le même élan, elle a estimé que nombreux sont les internes qui ont déjà signé le Code de bonne conduite et  que seul un « petit groupe » ne veut pas s’y soumettre. 

Du côté des internes, même si quelques uns ont déjà signé du fait de la pression exercée par la direction, d’autres estiment « qu’ils ont aussi le droit de refuser de signer un document qui ne prend pas en compte les difficultés qu’ils peuvent rencontrer dans l’exercice de leurs tâches ». D’ailleurs selon notre source, la situation semble compliquée pour plusieurs d’entre eux, notamment en matière de transport, les bourses étant toujours versées avec beaucoup de retard. 

Cet imbroglio qui touche le Centre hospitalier universitaire de Libreville soulève également la question du manque de rigueur de sa direction générale vis-à-vis des médecins, puisque la divulgation de ce document donne l’impression auprès de l’opinion que ce sont les internes qui font le boulot tandis que les médecins se la coulent douce dans leurs cliniques et autres business plus lucratifs. C’est d’ailleurs ce qu’avait souligné le Premier ministre Julien Nkoghe Bekale,  remonté contre ces médecins gabonais à qui il reprochait de ne pas se donner à fond dans le service public pour lequel ils sont payés. Nous y reviendrons ! 

Laissez votre commentaire