Gabon/ Dissolution de l’Assemblée nationale: l’UN dénonce un Coup d’Etat institutionnel

Casimir Oye-Mba, vice-Président de l'Union nationale © D.R

Ce jeudi 3 mai, à son siège, sis à l’Ancienne Sobraga, dans le 2ème arrondissement de Libreville, l’Union Nationale, principal parti de l’opposition a, par la voie de son vice-président Casimir Oye Mba, accusé la Cour constitutionnelle d’avoir réalisé un coup d’Etat institutionnel au service de la conservation du pouvoir, par sa décision de dissoudre l’assemblée nationale le 30 avril dernier.

L’Union nationale accuse la Cour constitutionnelle d’outrepasser ses droits, et qualifie de coup d’Etat institutionnelle, la décision de cette institution, présidée par Marie Madeleine Mborantsuo, de dissoudre l’Assemblée nationale, de transférer ses pouvoir au Sénat et de demander la démission du gouvernement. Il s’agirait, selon Casimir Oye Mba, d’une décision politique et non juridique qui marque manifestement la nouvelle position que veut occuper la Cour constitutionnelle.

«L’objectif visé était de parvenir à un nouveau report des élections sans être obligé de proroger de nouveau, le mandat des députés. Il fallait éviter absolument de passer dans l’histoire comme «la Cour constitutionnelle qui a permis trois prorogations du mandat des députés». Mais l’histoire retiendra en tout cas que, se substituant au Président de la République, notre Cour constitutionnelle a dissout l’Assemblée nationale et le Gouvernement», a indiqué Casimir Oye Mba.

En effet, selon le porte-parole de l’Union Nationale, le transfert du pouvoir législatif au seul Sénat et la formation d’un gouvernement responsable devant le seul président, participent du même jeu. Tout cela permet tout simplement de reporter à bien longtemps, l’organisation des élections et le renouvellement de la Chambre des députés.

« Disons-le clairement, il y’a derrière cette décision, la réalisation par la Cour constitutionnelle d’un véritable coup d’Etat institutionnel au service de la conservation du pouvoir. Un coup d’Etat contre le peuple gabonais, détenteur de la souveraineté nationale, mais désormais privé du droit de désigner ses représentants. Pout tout cela, l’Union nationale condamne cette décision, s’alarme et s’inquiète de la gravité de la crise institutionnel dans laquelle cette décision plonge le Gabon», a-t-il poursuivi.

« Refusant ses micmacs et arrangement d’arrière-boutique », l’Union nationale a réitéré sa ferme décision de ne pas s’associer aux manœuvres en cours, visant à donner un vernis de légalité et un parfum de légitimité à la situation ainsi créée.

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