Gabon: disparition mystérieuse de 353 containers de kevazingo saisis par la justice

Une vue du port d'Owendo © D.R

L’idée sur la mafia qui règne dans le secteur de l’exploitation forestière vient encore de trouver son sens au vue du rebondissement dans l’affaire relative à la découverte des containers de bois kevazingo faite par l’administration des Douanes et des droits indirects. En effet, lors d’un point de presse animé ce mardi 07 mai 2019 à son cabinet, sis au Palais de justice, le procureur de la République près le tribunal de première instance de Libreville Olivier N’Zahou a informé l’opinion de la disparition des 353 containers saisis par la justice et entreposés sur le site de 3C Transit.



Lors de cet échange avec la presse, le procureur de Libreville a indiqué que les containers disparus comme par enchantement auraient été déplacés sur ordre de certains agents du ministère des Eaux et Forêts. Une situation pour le moins curieuse qui vient démontrer une fois de plus les ramifications mafieuses dans ce département ministériel dirigé par Guy Bertrand Mapangou, qui l‘avait pourtant lui-même dénoncé.

Lire aussi:  la menace de Guy Bertrand Mapangou contre la mafia au ministère des Eaux et Forêts

Selon les explications du procureur de Libreville, la hiérarchie de ces agents qui pourtant avaient été requis dans le cadre des investigations menées par le ministère public, se serait rendue coupable d’entrave à la justice en sabotant le bon déroulement de l’enquête. « Alors qu’ils avaient parfaitement connaissance des enjeux du dossiers et du trouble à l’ordre public économique occasionné par les faits objets de la procédure pendante chez le juge d’instruction, les mêmes agents ont sciemment ordonné le déplacement desdits conteneurs aux fins d’exportation frauduleuse, au mépris des intérêts supérieurs de l’Etat », souligne le magistrat.

Pis, lors de la descente qu’il a effectué le 30 avril dernier, il a annoncé la découverte de 23 containers contenant du kevazingo dans l’enceinte de la société Owendo Containers Terminal (OCT), au port d’Owendo. Il a révélé d’ailleurs qu’après que des bons d’embarquement établis sur la base d’un entreposage irrégulier ont été utilisés en présence constante des agents du ministère des Eaux et Forêts, mais aussi des agents des douanes, suppose des complicités avérées. Face à ce qui apparaît comme un vaste réseau de trafic de cette essence, le procureur a rappelé que des poursuites seront engagées contre l’ensemble des personnes impliquées, quels que soient les rangs et grades de ces dernières.  

Laissez votre commentaire