Gabon/dialogue social: deux syndicats claquent la porte

Le Synamag et Dynamique unitaire claquent la porte du dialogue social © D.R

Quelques jours après la marche des élèves déclenchée à la suite de l’annonce de la réforme controversée d’attribution des bourses et des préavis de grève dans plusieurs secteurs d’activité, le gouvernement a appelé à un énième dialogue. C’était à l’occasion d’une rencontre tenue ce mardi 23 avril à Libreville que le Premier ministre a invité les partenaires sociaux à être des forces de propositions. Cependant, Dynamique unitaire et le Synamag ont quitté les travaux. La centrale syndicale ayant exigé cinq préalables à la mise en oeuvre d’un véritable dialogue social, le Synamag quant à lui s’étant plaint de ce qu’on lui a refusé le droit de parole.



Le chef du gouvernement a présidé une réunion d’urgence ce mardi 23 avril avec les confédérations patronales et les centrales syndicales des travailleurs des secteurs privé et public. Pour Julien Nkoghe Bekale, le gouvernement a entendu les partenaires sociaux. « Le gouvernement vous a compris. Le gouvernement a compris votre message. Le gouvernement vous considère comme des forces de propositions car vous êtes nos partenaires. J’en appelle à votre patriotisme, à votre sens des responsabilités. Les portes du gouvernement vous sont ouvertes », a déclaré le Premier ministre.

Pourtant, deux syndicats et pas des moindres ont quitté les travaux, l’un pour ne pas avoir été écouté et l’autre pour défaut de garde-fous. En effet, le Synamag s’est dit offusqué de ne pas avoir été entendu par le gouvernement car n’ayant pas eu la parole pendant cette rencontre, alors que des syndicats beaucoup moins structurés ont été entendus.

Pour sa part, Dynamique unitaire a exigé du gouvernement cinq préalables, à savoir la signature d’un décret présidentiel instaurant le dialogue social en République gabonaise, la réhabilitation administrative de la Convention nationale des syndicats du secteur éducation (Conasysed), l’encadrement juridique des mesures d’austérité, la régularisation des situations administratives des travailleurs,  ainsi que le paiement des retards accusés de la prime d’incitation à la performance, entre autres.

Si les efforts du gouvernement pour instaurer le dialogue social sont visibles, il n’en demeure pas moins que le Premier ministre a du pain sur la planche. Car, en dépit de la mise en place de « trois commissions à composition bipartite pour examiner les modalités de mise en œuvre du programme du gouvernement », il reste que certains partenaires sociaux se sentent toujours exclus. En croyant bien faire, le gouvernement semble faire cavalier seul, avec ses alliés habituels.

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