Gabon: Désiré Ename tire à boulets rouges sur la HAC

La question de la liberté de la presse et plus particulièrement de l’interventionnisme tous azimut de la Haute autorité de la communication (HAC) pour sanctionner les médias continue d’être une véritable préoccupation pour les acteurs de ce secteur. Dans une interview accordée à l’Hebdomadaire L’Aube ce lundi 25 mars 2019, le fondateur du journal Echos du nord Désiré Ename a fustigé l’attitude de cette institution qui a pourtant pour mission de défendre la liberté de la presse.

Interrogé sur la récente plainte de la présidence de la Cour constitutionnelle Marie Madeleine Mborantsuo, qui a abouti à la suspension de l’hebdomadaire dont il est le fondateur, Désiré Ename s’est questionné sur le rôle pour le moins lugubre que joue la Haute autorité, qui depuis sa mise en place n’a brillé que par des sanctions infligées à plusieurs médias.  

« Ont-ils été désignés pour asservir la presse ou pour servir la promotion de la presse ?», s’est-il interrogé, estimant que lorsqu’on se dit compétent « on se pare des éléments objectifs dans les décisions que l’on est amené à prendre ». Chose que semble ignorer la Haute autorité de la communication.

Pour le journaliste, l’institution a tendance « à biaiser ses jugements à cause du titre de la plaignante, ou des arguties d’un avocaillon ».  « Une plainte de Maganga Moussavou, Vice-président de la République a suffi pour suspendre Echos du Nord en Juillet-août dernier ; une plainte d’Ogouma, ancien DG véreux des Impôts et actuel gouverneur du Woleu-Ntem, a été le mobile pour suspendre les journaux du groupe Oloumambe », a-t-il relevé.

Dans la même lancée, le patron d’Echos du nord est revenu sur la sanction infligée contre le directeur de la publication du quotidien L’Union Lin Joël Ndembet qui a ecopé d’un mois d’interdiction d’exercer la profession de journaliste. Ainsi, il s’est dit  persuadé que « le maire de Libreville n’a peut-être pas fait un plat pour la boutade de Makaya », mais c’était sans compter sur « le zèle débordant des 7 sicaires » de la HAC à l’exception des conseillers membres Timothée Mémet et Abel Mimongo, qui pour lui sont des hommes de principes.

« Je crois simplement que le groupe des 7  au sein de cette institution dont on voit les œuvres au service de leurs « grands de la République » a remis en question ses devoirs et sa raison d’être dans cette institution. Un consentement des Gabonais à travers une pétition doit les désavouer. Que les Gabonais prennent aussi leurs responsabilités car leur droit à l’information est mis à mal », a-t-il martelé.

Laissez votre commentaire