lundi,26 octobre 2020
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Gabon: des véhicules administratifs des responsables de l’UOB arraisonnés à la police judiciaire

C’est la confusion qui règne actuellement au sein de l’Université Omar Bongo (UOB) où selon plusieurs sources, des responsables administratifs et pédagogiques de cet établissement supérieur auraient été convoqués à la Police judiciaire afin de procéder à la restitution des véhicules administratifs dont ils étaient en possession. Si pour le moment, la situation semble confuse quant à l’administration à l’origine de l’opération, elle vise à faire la lumière sur l’utilisation du parc automobile de l’Etat et déceler les agents induments détenteurs desdits véhicules. 

L’arraisonnement desdits véhicules administratifs opéré ces derniers jours s’inscrirait dans le cadre de la décision datant de 2017 du ministère du Budget et des comptes publics  qui enjoignait à certains agents publics de procéder à la restitution des véhicules administratifs dont ils sont illégalement détenteurs. Une opération qui concernerait donc l’ensemble des véhicules du ministère de l’Enseignement supérieur, l’université Omar Bongo comportant le gros des fonctionnaires réfractaires.   

Si pour l’heure, le flou règne sur l’administration à l’origine de l’opération, celle-ci pourrait s’appuyer sur les dispositions du décret n°208/PR/MBCP du 14 août 2018, modifiant et complétant certaines dispositions du décret n°0861/PR/MBCPFP du 28 octobre 2013 réglementant l’attribution et l’utilisation des véhicules administratifs. Contactée par Gabon Media Time, une source proche du dossier indique que « l’opération serait menée par la direction du patrimoine qui avait saisi le ministère de l’Enseignement supérieur après avoir constaté que le parc automobile du ministère était totalement vidé ». 

Cette opération, à en croire d’autres sources, aurait été motivée par le fait que de nombreux responsables s’étaient illégalement emparés des véhicules alors que leur date de réforme n’était pas encore arrivée. Il faut dire qu’en matière de réforme, sont éligibles exclusivement les véhicules datant de plus de 5 ans, sauf que ceux actuellement saisis auraient été achetés à partir de 2016. « Des injonctions avaient été données aux responsables d’établissements mais très peu s’etaient pliés à cette exigence d’inventaire », nous a confié notre source.   

Du côté de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite, on assure ne pas être à l’origine de cette opération mais une source proche de cette institution indique que « s’il est avéré que l’arraisonnement a été fait après constat que des agents aient emporté les véhicules, le dossier peut effectivement être saisi ». Une saisine qui rentrerait dans le cadre de l’article 9 de la Loi 0003/2003 du 7 mai 2003, portant création, organisation et fonctionnement de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite qui autorise l’autorité administrative indépendante à « procéder à toute enquête utile portant sur des faits d’enrichissement illicite ou de conflit d’intérêts et de tout autre pratique d’enrichissement illicite ». 

Contacté par Gabon Media Time, le ministère de l’Economie et du Budget est resté quelque peu évasif sur le sujet. Il faut souligner toutefois, qu’audelà du caractère brutal de l’opération, elle a le mérite de mettre plus de rigueur dans la gestion du patrimoine de l’Etat, qui très souvent est confondu par certains fonctionnaires récalcitrants. 

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Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
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