Gabon: des enseignants interpellés pour avoir revendiqué le paiement de leurs salaires

Mouvement d'humeur des enseignants au ministère de l'Education nationale © D.R

Depuis le lancement du mouvement de grève générale, le 12 mars 2108 dernier, par Dynamique unitaire, le dialogue semble désormais rompu entre le ministère de l’Education nationale et les enseignants. Pour preuve, ce matin alors que quelques enseignants stagiaires, privés de salaires depuis bientôt 4 ans observaient un sit-in dans les locaux du ministère, ils ont été violemment dispersés par les forces de sécurité et plusieurs d’entre eux ont été arrêtés. Une situation qui laisse de plus en plus présager une montée de tensions dans les tout prochains jours.

Après avoir barricadé l’entrée de leur ministère le lundi 27 mars dernier, plusieurs enseignants du premier degré se sont encore retrouvés ce mardi matin dans ces locaux pour se faire entendre. A cet effet, ils observaient un sit-in avec pour objectif d’interpeller le gouvernement et plus particulièrement la ministre de l’Education, Nadine Patricia Anguile Obame sur leur  situation administrative et financière, quand quatre d’entre eux ont été interpellés par les forces de sécurité.

Avec des présalaires se situant entre 170 000 et 250 000 Fcfa depuis trois ans, ces enseignants sortis de l’École nationale d’instituteurs (ENI), de l’École normale supérieure (ENS) et de l’École normale supérieure d’enseignements techniques (ENSET), fustigent le manque de considération de la tutelle, qui traîne le pied pour les intégrer.

Joint au téléphone par Gabon Media Time, le délégué national administratif de la de la Convention nationale des syndicats de l’Education nationale, Louis Patrick Mombo a condamné ces interpellations qui violent le Code de déontologie de la Fonction publique. «Il n’y a pas de raison que des enseignants qui revendiquent leurs droits puissent être arrêtés et surtout que dans cette affaire, c’est le gouvernement qui a tord. Vous ne pouvez pas employer des agents sans leur verser leurs salaires», a t-il martelé.

«Nous demandons la relaxe immédiate de ces 4 enseignants qui ont été arrêtés, et la Conasysed aussi bien Dynamique unitaire se réservent le droit d’entreprendre des actions légales très fortes sur le terrain, en vue d’obtenir non seulement la liberation de ces collegues qui sont d’ailleurs menacés d’être déférés dans les toutes prochaines heures, mais aussi que les salaires des enseignants stagiaires soient régularisés», a-t-il lancé pour conclu.