Gabon: Denise Mekam’ne coupable du «délit de parenté» ?

L’actuel ministre de la Santé Denise Mekam’ne serait accusée  de détenir une société de transport funéraire. Des affirmations qui sont loin de la vérité car présentant des caractéristiques d’un simple cas de « délit de parenté ». Accusée de « délit d’initié » par un journal en ligne dans le cadre de la mise en place d’une entreprise de transport et d’accompagnement funéraire, cette dernière pêche semble-t-il d’avoir un lien de parenté avec les promoteurs de ladite société.

Dans un article publié par Matin d’Afrique, le membre du gouvernement est présenté comme la promotrice « dans l’ombre » de l’entreprise de transport et d’accompagnement funéraire TFM. Pour confirmer ces allégations, l’auteur indique que la société porterait le nom de « Transport funéraire Mekam’ne & Fils », ajoutant  que « pour ne pas attirer l’attention des gardiens de la morale publique qui ferraillent contre les délits d’initiés, son nom Mekam’ne n’apparait pas entièrement sur les documents officiels ». Une curieuse affaire qui suscite bien d’interrogations.

Après analyse des facs similés et un entretien avec le véritable promoteur de ladite entreprise, un compatriote nommé Menzene Mervais, il ressort que ceux-ci ne sont que « des simples autorisations délivrées par la direction générale des transports terrestres et un certificat provisoire d’immatriculation délivré lui par le directeur national du Centre d’édition et de délivrance des documents de transport ». Au demeurant, rien pour étayer les accusations d’implication de la ministre de la Santé dans la création de cette entreprise.

Il faut dire que toute entreprise est enregistrée à l’Agence nationale de promotion des investissements (ANPI) qui dispose d’un greffe commercial dont l’ensemble des documents est consultable sur place. Pour démêler le nœud gordien qui semble entourer cette affaire, nous nous sommes donc rapprochés de certaines sources au sein de cette entité qui nous ont assuré ne rien savoir au sujet d’une prise de participation dans la création de cette entreprise par Denise Mekam’ne. Toutefois, l’amalgame proviendrait du fait que ce sont des proches de cette dernière qui seraient les propriétaires de ladite société, en l’occurrence les denommés Menzene Mervais et Mengue M’Ondo Hermann, le premier étant le fondateur de l’entreprise tandis que le second assure la gérance.

En effet, dans le document présenté comme preuve par notre confrère, le nom de l’entreprise est Transport funéraire M & Fils, une raison sociale qui n’est autre que les initiaux des deux noms des propriétaires et qui sont bien loin du patronyme du membre du gouvernement sauf à croire que la consonne « M » est de facto synonyme de Mekam’ne. Des informations qui laissent donc croire à de simples amalgames faits par le site d’actualité même si le seul élément réel, qui d’ailleurs n’est pas constitutif d’un « délit d’initié » est la mise à disposition d’un local à ses proches.

Le fondateur de TFM, Mervais Menzene, a assuré que le membre du gouvernement n’avait rien à voir dans la création, la gestion, ni le financement de son entreprise. « L’idée de la création de cette entreprise part du fait que dans les morgues, les parents sont parfois obligés d’attendre longtemps pour le transport de la dépouille, nous avons donc décidé mon petit frère et moi de nous lancer, les maisons de pompes funèbres ne répondant pas au besoin de transport », a-t-il confié.

Accusé d’avoir une exclusivité auprès des structures sanitaires publiques du fait de la position de sa parente, Mervais Menzene a balayé d’un revers de la main ces accusations. Pour preuve, la société a été lancée avant même que cette dernière ne soit nommée au sein du département de la Santé. « Nous n’avons aucune exclusivité avec qui que ce soit. Nous nous sommes battus et continuons de nous battre. TFM est une petite structure qui se bat pour constituer son carnet de contacts dans un environnement concurrentiel », a-t-il assuré.

 

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