Gabon: comment réorganiser la Caisse nationale de sécurité sociale à l’agonie? 

Les retraités barricandent l'entrée de la CNSS © GMT

La récente problématique autour du retour au paiement trimestriel des pensions a révélé un certain nombre de dysfonctionnements dans la gestion de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS). Cette situation, en plus de faire apparaître de graves tensions de trésorerie, a permis de souligner l’impérieuse nécessité de réformer cette institution, qui au fil des années s’est caractérisée par son opacité et les initiatives inopportunes de son Top management, notamment à travers de nouveaux investissements.



Institution sous tutelle du ministère du Budget, mais jouissant d’une certaine autonomie, la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS) est aujourd’hui caractérisée par son opacité. Les difficultés qui en découlent, et qui ont entraîné des tensions de trésorerie qui obèrent la rentabilité et les résultats de l’ensemble, obstruent les perspectives d’un organe censé assurer une « démocratie sociale » dans le pays. 

En effet, si d’aucuns estiment que le retour au paiement trimestriel des pensions, n’est que l’application de la législation en vigueur, c’est plutôt la gouvernance et le management de la CNSS qui sont pointés du doigt et qui au final perturbent son fonctionnement créant un fossé. Car, dans les faits « la mensualisation des pensions nécessite, outre la refonte des textes et le paramétrage du système, un soutien financier de l’Etat » comme indiquait récemment à la rédaction de Gabon Media Time, une source proche de ce dossier. 

Or, dans le cas d’espèce et au regard de la conjoncture actuelle, ce soutien financier évalué à plus de 50 milliards de Fcfa paraît hypothétique. D’autant plus que la CNSS s’est lancée dans un projet de construction de logements, qui n’était pas forcément opportun au regard du montant colossal des créances en souffrance. Tous ces facteurs tendent à rendre difficile voire impossible, le décollage de cette entité. 

Seules solutions qui pourraient atténuer les tensions, le recouvrement de la dette des entreprises, qui est évaluée à plus de 400 milliards de Fcfa et qui à elle seule permettrait de résoudre un certain nombre de difficultés. Mais aussi, la mise en place d’un plan social conduisant, soit à la réduction de la moitié des effectifs actuels de la CNSS, soit à une réduction d’un tiers des salaires. Deux solutions visant donc à réduire un certain nombre d’acquis et qui demandent de gros sacrifices. 

Par ailleurs, bien que ces solutions financières paraissent difficilement applicables dans le contexte actuel, celle plus simple, consistant à redéfinir les rôles et à ramener la CNSS dans son coeur de métier, pourrait rendre plus efficiente une sécurité sociale à l’agonie. D’autant plus qu’économiquement, la situation difficile que traverse le pays et la hausse du chômage, n’incitent pas à l’optimisme.

Laissez votre commentaire