Gabon: Ces riches propriétaires immobiliers proches d’Ali Bongo

Vue aérienne de Libreville © D.R

Dans son numéro 773 du mercredi 21 mars dernier, la Lettre du Continent, hebdomadaire confidentiel français, a dévoilé les noms de certains hauts responsables du Gabon, propriétaires de biens immobiliers abritant des services administratifs à Libreville. Dans cette enquête, le journal relève que ces bâtiments sont loués par l’Etat gabonais à des particuliers proches du président de la République.

Ces révélations peuvent choquer plus d’un, au moment où le gabonais lambda a du mal à joindre les deux bouts au quotidien depuis que le pays fait face à une crise économique. La Lettre du Continent, dans sa parution de mercredi dernier, rapporte que certains barons du Parti démocratique gabonais (PDG), ministres en exercice et ex-ministres, et plus globalement les parents du chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba,  trouvent dans les ministères et sociétés publiques de généreux locataires. Sans mettre les gants, le journal confidentiel, cite en premier lieu l’épouse du chef de l’Etat gabonais comme exemple de ce gigantesque marché.

Sylvia Bongo Ondimba qui est à la tête de Alliance, l’agence principale  immobilière au Gabon. Selon l’hebdomadaire, la première dame «gère de nombreuses résidences abritant des institutions publiques».

Jean-Boniface Assélé, par ailleurs maire de Libreville et oncle maternel du président de la République, fait également partie de ces barons du pouvoir. Il est cité par le journal,  l’heureux propriétaire de l’immeuble situé en face du cinéma le Komo, abritant les service de la préfecture de police.

Pascaline Bongo, fait louer son immeuble Orchidia, aux services des Impôts. La fille de feu le président Omar Bongo Ondimba (OBO) décédé en 2009,  loge l’Agence nationale des grands travaux d’Infrastructures (ANGTI). « On comprend pourquoi  ces derniers s’attachent au pouvoir. Ils sont dans tous les secteurs du pays pour se faire de l’argent», commente un compatriote.

Même le patron de la BGFI, Henri Claude Oyima est propriétaire des bâtiments loués par l’Etat gabonais  avance la Lettre du Continent. En effet, le PDG de la BGFI, dispose de plusieurs bâtiments. «L’un d’eux abrite l’agence BGFI de Battery IV», confie le journal.  

Pis, même  la présidente de la Cour Constitutionnelle Marie-Madeleine Mborantsuo, en poste depuis 1990 fait partie de ses barons de la famille du chef de l’Etat qui excellent aussi, dans ce business juteux. «Ses locataires se nomment, l’Autorité de régularisation des communications électroniques et de la poste (Arcep) dirigé par son compagnon Lin Mombo», fait-il savoir.

Le nom de Jean-Pierre Lemboumba-Lepandou ex–conseiller politique du Palais du bord de mer devenu opposant en France, est également cité. Ce dernier  héberge plusieurs services du ministère du Budget. Une situation non moins cocasse qui concerne les anciens ministres Etienne Dieudonné Ngoubou (pétrole) et Magloire Ngambia (promotion des investissements), détenus à la prison centrale de Libreville pour détournement de fonds publics.

La Lettre du Continent déclare que le premier cité, continue de percevoir les loyers de son immeuble du quartier Battery IV depuis sa cellule et ceux de son bâtiment du Pont de Guégué. Immeuble abritant la Caisse et des prestations familiales des agents de l’Etat (CPPPF) et des bureaux du ministère de l’énergie de l’eau.