mardi,29 septembre 2020
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Gabon: ces mesures d’allègement incohérentes du gouvernement

Le gouvernement de la République conduit par son Premier ministre Julien Nkoghe à l’occasion de sa conférence de presse du mardi 30 juin dernier relative à la riposte sanitaire contre la covid-19 a annoncé plusieurs mesures visant à alléger et rendre progressivement aux Gabonais leurs libertés. Si celle relative au couvre-feu ramené à 20 heures semble satisfaire pour l’heure, une bonne partie de l’opinion, d’autres comme la réouverture de la circulation entre l’intérieur du pays et la capitale conditionnée par la présentation d’un test covid-19 négatif, symbolisent l’incohérence de certaines de ces mesures qui ne peuvent être efficientes que dans l’imaginaire de nos tenants du pouvoir qui n’ont rendu effectives certaines mesures que pour le plaisir de le faire.  

Le gouvernement a encore raté comme à l’accoutumé pourrait-on dire, sa sortie, la 3ème, depuis le début de la crise sanitaire liée à la pandémie de covid-19, sur la riposte sanitaire. Devant la presse et les médias pour faire l’inventaire des mesures d’allègement relatives au déconfinement progressif du « Grand Libreville », Julien Nkoghe Bekale en levée de rideau, a procédé dans le souci de concilier l’urgence sanitaire avec l’impératif économique et la paix sociale, à une première phase d’allègement des mesures restrictives prises pour lutter contre la propagation de la pandémie de la Covid-19. 

Un test de dépistage pour la circulation entre provinces, l’utopie de Bonda Balonzi 

Prenant la parole à la suite de l’intervention de son collègue de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, Léon Armel Bounda Balonzi, ministre des Transports, de l’Equipement, des Infrastructures et de l’Habitat s’est à son tour présenté devant le pupitre pour annoncer les mesures d’allègement de son département ministériel. 

Pendant son intervention, le membre du gouvernement a indiqué que les populations pourront désormais librement circuler entre provinces mais sous certaines conditions. Ainsi a-t-il indiqué « il faudra pour un passager, présenter un certificat de négativité à la Covid-19 qui date de 5 jours au maximum avant d’embarquer.  Ce déplacement sera également conditionné par le respect strict des mesures barrières ». 

Dans les faits et en toute logique, l’érection d’une telle mesure ne saurait être pertinente sans une concertation préalable avec les comités technique et scientifique du Copil-Coronavirus présidé en outre le Dr Guy Patrick Obiang. En cette occurrence, le ministre Léon Armel Bounda Balonzi prévenant, a en toute logique été informé par le Copil des difficultés rencontrées par plusieurs compatriotes qui au terme de leur test de dépistage attendent des semaines, voire un mois avant que leurs résultats ne leur soient délivrés. Pire, il est possible de contracter la maladie un jour après avoir réalisé son test. Dans pareil contexte, comment peut-il exiger en toute conscience, un test datant de 5 jours et attendre d’une telle mesure qu’elle prospère et soit respectée ? C’est du domaine de l’illusoire. 

Mieux, imaginons un compatriote de l’intérieur du pays résidant à Mbigou dans le département de la Boumi-Louetsi souhaitant rallier la capitale et dont la ville de Mouila, se trouve être le seul endroit doté d’un centre de dépistage à la covid-19. Ledit compatriote devra faire Halte dans capitale provinciale, effectuer son test et attendre ses résultats avec le risque comme à Libreville qu’ils attendent plus de 10 jours? Qui prendra en charge les frais d’hébergement, d’alimentation et autres dans le contexte où les motels demeurent toujours fermés. Le gouvernement ou Léon Armel Bonda Balonzi personnellement ? 

La fermeture des motels et des lieux de culte maintenue, la mésintelligence de Mbadinga Madiya  

Appliquée depuis le vendredi 13 mars 2020 par arrêté ministériel, la fermeture des bars, des boîtes de nuit et des motels et des lieux de culte a été maintenue par le gouvernement au motif que lesdits endroits seraient des foyers de contamination et de propagation de la covid-19. 

Pendant sa prise de parole, le ministre de l’Économie, du Tourisme, des Petites et moyennes entreprises Hugues Mbadinga Madiya a annoncé la réouverture des hôtels et des restaurants dans le respect des mesures sanitaires strictes consignées dans un « protocole sanitaire dans lequel seront édictées toutes les mesures sanitaires visant à prévenir tout risque de contamination  pendant les activités de ces structures commerciales ». Un protocole que le ministère du Commerce mettra à la disposition des opérateurs économiques évoluant dans ces secteurs. 

Sur cet aspect comme son collègue des Transports, Hugues Mbadinga Madiya s’est louvoyé devant le miroir déformant de ses fausses certitudes. Quelle pertinence peut-on trouver dans une mesure visant réouvrir les hôtels et à maintenir fermer les motels sur l’ensemble du territoire quand on sait que dans certaines localités de l’intérieur du pays, il n’a que des motels ? S’agissant des bars et des lieux de culte, le gouvernement ne pouvait-il pas étendre « le protocole sanitaire » à ses enseignes ? Qu’elle est la cohérence d’une mesure visant à fermer les lieux les cultes et laisser ouvert les marchés de la capitale beaucoup plus fréquentés que les églises et autres mosquées ? Autant d’interrogations qui mettent à nu le caractère particulièrement irrationnel et dissonant de certaines mesures d’allègement annoncées par le gouvernement. 

 

 

 

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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