Gabon: Certains agents des Impôts «sans bureaux fixes» à Libreville !

Le hall et les couloirs de l’ancienne Direction des domaines encombrés par des meubles © D.R

Depuis que les fonds prévus pour la construction de l’hôtel des Impôts de Libreville ont été distraits par les responsables de la Direction générale des Impôts (DGI), les agents de cette administration, bras séculier de l’Etat en matière de politique fiscale, sont réduits à se balader de bureau en bureau, d’un immeuble à un autre devenant ainsi la risée de toute l’administration gabonaise.

Le 19 novembre dernier, le service des Relations publiques et la direction des Régimes spécifiques des Impôts ont été expulsés des locaux de l’immeuble Orchidia qu’ils louaient, locaux quxquels ils n’aveint plus accès depuis juillet 2018 empêchés par le propriétaire, rue Jean Ndendé, dans le troisième arrondissement de Libreville. Et pour cause, la direction générale des Impôts doit au propriétaire des lieux plus de 700 millions de Fcfa de loyers impayés datant de l’époque où Joël Ogouma trônait à la tête de cette mamelle de l’Etat.

Conséquence, dans les locaux de la direction des Ressources humaines, les couloirs et cages d’escalier sont surchargés par les mobiliers et autres affaires des deux services expulsés. De même, les bureaux de la direction des Immatriculations, dans le bâtiment de l’ancienne direction des domaines, sont désormais saturés. Les agents des différents services sont contraints de partager les lieux, dans des espaces réduits et manquant de matériel pour assurer le bon déroulement de leurs tâches. Il n’est par exemple pas rare qu’un fonctionnaire se trouve dans l’incapacité d’effectuer son travail, faute de trouver un ordinateur ou même une chaise disponible.

Cette situation affligeante est absolument incompréhensible, dans la mesure où l’ancien directeur général des Impôts, Michel Mpega, affirme avoir laissé à la disposition de son successeur Joël Ogouma (désormais gouverneur du Woleu-Ntem), une somme de 25 milliards de Fcfa destinée à construire, entre autres, l’hôtel des Impôts. Même si comparaison n’est pas raison, Richard Auguste Onouviet, l’ancien ministre des Eaux et forêts a fait construire l’immeuble actuel de ce ministère avec 4 milliards de Fcfa.

Question : Où est passé l’argent destiné à la construction de l’hôtel des Impôts ? Joël Ogouma bénéficie-t-il des soutiens au sommet de l’Etat au point d’être intouchable ? François Auguste Akomezogho, l’actuel DG des Impôts, peut-il atteindre les objectifs de mobilisation des recettes fiscales dans des conditions aussi déploration qui affecte l’efficacité des agents de cette administration utile à la collecte de l’impôts ?

Au reste, à l’heure où certains services de la DGI se retrouvent « sans bureaux fixes », l’opinion publique s’interroge sur le silence des institutions financières et judiciaires telles que la Cour des comptes, la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite ou encore la Cour criminelle spéciale face à cette « situation » qui mérite, tout de même, un éclaircissement !

Face à tout ce qui précède, nous avons tenté de joindre, en vain, Joël Ogouma pour donner sa version des faits. Toutefois, au nom de l’équilibre de l’information, nos colonnes lui sont grandement ouvertes s’il souhaite s’exprimer. Affaire à suivre…

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