samedi,17 avril 2021
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Gabon: ce qu’elles pensent à l’occasion de la Journée internationale des Droits des femmes

La célébration chaque 08 mars, de la journée internationale des Droits de la femme constitue un moment propice à l’introspection sur les conditions de la femme et son role dans le développement d’un pays. Ainsi, à l’occasion de cette journée, Gabon Media Time s’est fait le porte parole des femmes gabonaises qui reviennent sur la situation de leurs droits et leur implication dans la crise sanitaire contre la Covid-19. 

Sylvia Bongo Ondimba

La pandémie de la Covid19 a mis en lumière une vérité indéniable: le leadership des femmes est un atout majeur pour un futur meilleur.

Si les femmes apportent une contribution essentielle en tant que leaders et intervenantes de première ligne depuis le début de cette crise, elles ont été, en parallèle, confrontées à de nombreuses formes de violences.

En cette journée Internationale des droits de la Femme, rappelons-nous que l’égalité femmes-hommes est un combat de tous les jours. A l’école ou à la maison, elle doit être et demeurer au cœur de l’éducation.

Avec la Fondation Sylvia Bongo Ondimba pour la Famille, nous ne baissons pas les bras. 

Nous continuerons de nous mobiliser, chaque jour, afin de bâtir un monde plus juste, plus solidaire pour que l’égalité devienne enfin une réalité.

Blanche Simonny Abeghe

Au Gabon, les droits humains ne sont généralement pas respectés. Je ne vois pas par quel miracle il y aurait des avancées en ce qui concerne les droits des femmes en particulier. La femme nommée Premier ministre n’est que l’arbre qui cache la forêt. C’est valable pour le Sénat ou la Cour constitutionnelle.

Il va de soi que le contexte sanitaire lié à la Covid-19 n’a épargné personne, encore moins la femme gabonaise qui se bat au quotidien pour sortir la tête de l’eau. La crise sanitaire et sa gestion calamiteuse par les autorités en place ont fragilisé encore plus les conditions de vie des familles et mis en danger les vies humaines. Je trouve que les femmes gabonaises ont une grande capacité de résilience qui leur permet de faire face à l’adversité et de survivre. 

Au niveau individuel, elle se bat pour s’en sortir. Elle a ce mérite.

Au niveau national, personne ne lui a donné de rôle encore moins majeur dans la gestion de la crise sanitaire. Je ne connais aucune initiative politique nationale qui ait donné un quelconque rôle à la femme gabonaise dans la gestion de la crise sanitaire

Malvyna Leslie Nyanze

 Pour moi cette journée est  à la fois une commémoration des femmes, qui depuis des décennies, luttent pour l’égalité des droits humains, mais également un jour qui  rappelle, que malheureusement le combat n’est pas encore fini et qu’on a encore des choses à revendiquer.

Comme avancée importante je peux noter, la loi relative aux successions qui protège la veuve et l’orphelin et celle qui réprime le harcèlement sexuel particulièrement en milieu professionnel ou scolaire. Mais il y a encore beaucoup à faire notamment sur la parité ou encore le fait que l’âge légal du mariage pour une fille est de 15 ans alors que pour un garçon c’est 18 ans.

 Comme dans le monde entier, la crise sanitaire a eu un impact négatif sur la condition de la femme. Selon l’ONU femmes, la violence à l’égard des femmes s’est intensifiée surtout dans le contexte familial/conjugal. Le personnel est majoritairement composé de femmes qui chaque jour sont au contact de la maladie. Il y a quelques jours encore une femme médecin est décédée des suites de la Covid 19 alors qu’elle était enceinte. Sans oublier que l’économie tout entière a été fortement ébranlée et les femmes avec.

Nous avons observé une certaine résilience des femmes qui se sont fortement tournées vers le commerce en ligne.  De plus en plus d’influenceurs web femmes ont pris le pari de motiver et sensibiliser d’autres femmes durant la pandémie sur le leadership féminin.

Et puis sans vouloir me répéter, le personnel hospitalier est majoritairement féminin, les femmes sont donc en première ligne du combat contre le Coronavirus.

Karine Arissani

Il s’agit d’un moment de respect et de reconnaissance du rôle de la femme dans la société. Nos pères fondateurs ont même été plus qu’avant-gardistes en choisissant comme sceau de la République, la maternité allaitante. Cette journée permet aussi de rappeler dans le monde, que certaines femmes sont encore l’objet de maltraitances de quelque forme que ce soit. C’est donc une occasion de rappeler que celle qui donne la vie doit voir ses droits respectés. 

Un peu timide après l’indépendance, notre pays a su faire un bond en avant  dans le cadre de l’égalité des droits mais aussi de devoirs de la femme. Elles sont promues et exercent de hautes fonctions dans l’appareil de l’État.  Nous avons une femme Premier Ministre, une Présidente de la Cour constitutionnelle, une Présidente du Sénat et celles, tout aussi nombreuses,  qui sont responsables d’administrations publiques et privées. Mais ce n’est pas assez car je souhaiterais qu’il y ait plus de femmes au Sénat et à l’ Assemblée nationale car ce sont les lieux où les lois sont proposées et validées.

Par ailleurs, les efforts inlassables de notre première dame, Madame Sylvia Bongo Ondimba, ont permis la modification de certaines dispositions de notre arsenal juridique pour une meilleure prise en compte des droits des femmes. La protection de la veuve et de l’orphelin est un exemple parmi tant d’autres des acquis obtenus par la Fondation Sylvia Bongo Ondimba.

Rose Ogouebandja 

Cette journée a une grande portée symbolique à condition qu’elle ne soit pas galvaudée telle une marque de shampoing.  

Les droits des femmes. Il faut contextualiser et reconnaître ce qui est fait mais se battre de façon collégiale pour ce qu’il reste à faire. Au Gabon la femme occupe une place dans le développement,  sur la sphère publique.  La question est comment mieux faire pour mener ce combat genre ( Combat social) pour l’épanouissement de la femme et par ricochet des environnements qu’elle serait susceptible d’impacter.  Cette journée ne devrait pas être un souvenir annuel mais un combat porté en soi. Être femme et lutter pour ses droits, ce n’est pas par antagonisme aux hommes. 

C’est mener le bon combat et célébrer celles qui ont osé avant nous. Cette journée nous rappelle notre rôle prépondérant. 

Aucune avancée notoire si ce n’est à l’échelle publique.  Encore que si on parle de représentativité le législateur a quelque peu verrouillé l’accès aux hauts postes de responsabilité pour les femmes.

Les avancées sont à mon sens portées courageusement par la Société civile.

Dans le monde, les femmes sont victimes de nombreuses discriminations. C’est pour cela que les Nations Unies ont adopté la Convention sur l’Élimination de toutes les formes de Discriminations à l’Égard des Femmes (CEDEF). Le Gabon a ratifié cette convention. 

Le 8 Mars n’est pas là Journée Internationale de la femme, c’est la Journée Internationale des Droits des Femmes. C’est l’occasion de faire le point sur le recul des discriminations et l’avancée de nos droits. 

Une discrimination criante à laquelle sont exposées de très nombreuses femmes est la pauvreté endémique qui leur est imposée par des politiques inadaptées qui les privent de la vie digne qu’elles méritent.

Elza Ritchuelle Boukandou 

La journée internationale des droits de la femme me rappelle que je dois continuer la lutte pour la liberté. Car sans liberté, il n’y a pas de droits surtout pour les femmes. 

On parlera d’avancées en matière de droits de la femme au Gabon quand les femmes gabonaises seront libres de choisir leurs dirigeants et de contester,  sans risque de recevoir une balle dans la rue,  un coup d’Etat électoral; quand leur positionnement à un poste de leader ne sera plus le fait d’une faveur mais plutôt d’un mérite.  

Nous avons notamment vu augmenter les cas de violence conjugale

Si on avait associé toutes les femmes à la gestion de cette crise sanitaire,  les résultats seraient meilleurs.  Mais ils en ont fait une gestion politicienne.  Résultat,  le peuple est resté réfractaire aux mesures édictées.  Le plus simple aurait été d’associer des femmes qui ont une légitimité sociale notamment,  les femmes d’église,  les commerçantes , les tradi praticiennes etc…

Flavienne Adiahenot

Pour moi, c’est une journée officiellement consacrée à la lutte pour les droits des femmes. Cette journée est l’occasion pour les femmes de réaffirmer l’importance de la lutte pour leurs droits et de rendre hommage aux combats, passés et présents, menés en faveur de l’égalité femmes-hommes en droit. 

Le 8 mars n’est ni une saint Valentin, ni une fête des mères bis, où on célèbre la femme en lui souhaitant des vœux ou en lui offrant des cadeaux, mais la Journée internationale des droits de la femme de ne pas être traînée nue à travers la ville par la police, comme ce fut le cas en 2014 avec les femmes commerçantes de la gare routière de Libreville.

Celle où la société doit reconnaître à la femme, le droit de ne pas être un tam-tam dont les cris raisonnent sous les coups de son conjoint par exemple.

Si on pourrait apprécier les avancées en matière des droits de la femme au Gabon, à travers la position occupée par quelques femmes à la tête de certaines institutions, il n’en demeure pas moins que cette minorité est loin d’être un indice suffisant pour parler d’une évolution réelle et notable de la situation des droits de la femme au Gabon….

La polygamie est toujours reconnue au Gabon comme ce qui brise le principe de l’égalité des citoyens devant la loi puisqu’un homme peut épouser plusieurs femmes or la polyandrie est interdite et moralement inacceptable.

Dans le cadre d’une succession, si une femme se remariait hors de la famille de son époux, elle est déshéritée. C’est une légalisation implicite du lévirat.

Au Gabon, on parle plus souvent  de politique de promotion de la femme que de l’égalité des droits. Nous ne demandons pas de privilèges, de faveurs ou de passe-droits. Les femmes se battent depuis des siècles pour l’exercice de la pleine citoyenneté pour tous. Homme comme Femme.

Les conséquences de la gestion de cette crise sanitaire sont particulièrement importantes pour les femmes. D’une part, les confinements ont entraîné un accroissement des violences domestiques faites aux femmes. D’autre part, c’est le pouvoir d’achat des femmes qui a été le plus affecté par les restrictions économiques induites par la gestion de cette crise.

Au Gabon, il n’échappe à personne que de nombreuses femmes survivent et prennent soin de leurs enfants, grâce à certaines activités qui ne peuvent plus être exercées à cause des mesures prises par le gouvernement pour soi- disant freiner la propagation de la Covid-19. Plusieurs caissières, gérantes de bars, de snacks et de boîtes de nuit, ainsi que les serveuses de ces établissements sont au chômage depuis un an.

Les vendeuses de grillades et de beignets vivent un calvaire depuis que le couvre-feu a été ramené à 18h. Ces femmes sont de plus en plus plongées dans la précarité et leur niveau de pauvreté s’est aggravé. Or la grande majorité de ces femmes sont pères/mères, voire chefs de famille. Beaucoup de ces cellules monoparentales doivent se battre pour joindre les deux bouts en assurant un quotidien pour leurs enfants.

De tout temps les femmes au Gabon ont toujours été reléguées au second plan même lorsqu’elles ont pu bénéficier de postes importants auxquels elles accèdent dans le seul but de permettre aux hommes d’attester qu’ils ont respecté les quotas.

Soit elles ne sont pas écoutées, soit elles n’osent pas s’affirmer. Avec la crise de la covid19, elles ont été sourdes, voire indifférentes au sort, aux contraintes des mesures restrictives imposées à leurs sœurs, toutes celles qui doivent veiller à la survie de leurs familles.

Magali Wora

La journée Internationale des Droits de la Femme est une journée de célébration de l’avancée des femmes dans le monde. 

A mon sens, il y a une avancée notable et concrète dans le monde de l’entrepreneuriat au Gabon. Beaucoup de femmes se lancent dans toutes formes d’entrepreneuriat: du commerce en ligne à la restauration, en passant par la décoration d’intérieur, la fabrication de produits cosmétiques bio ou l’agriculture. Les femmes gabonaises de cette génération ne sont plus des attentistes mais des femmes qui prennent le contrôle de leurs destinées. 

C’est indéniable que la crise sanitaire a eu un impact direct sur le panier de la ménagère et sur les sources de revenus des femmes. La Covid-19 nous a donc poussées à nous challenger encore plus qu’auparavant. Certaines ont pu se réinventer et sortir de leurs zones de confort, d’autres malheureusement font face à une qualité de vie de plus en plus précaire, indépendamment de leur volonté. N’oublions pas également que le confinement et les restrictions qui durent ont eu un impact aussi sur les violences conjugales et les violences physiques envers les femmes.

Dans les prises de décisions gouvernementales et médicales, en me plaçant du côté du peuple, je dirais que non, car les femmes qui nous représentent ont contribué à la situation précaire à laquelle nous faisons face. Cependant, quand nous regardons, par exemple, à toutes ces femmes dans le personnel médical qui ont été et sont encore au front, ou ces femmes dans les marchés qui se battent pour continuer de faire tourner l’économie, je dirais que les femmes « DU PEUPLE » jouent un rôle majeur dans la gestion de la crise.

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