Gabon: Bruno Ben Moubamba rompt son «alliance objective» avec Ali Bongo

Ali Bongo et Bruno Ben Moubamba © D.R

Dans une tribune publiée sur sa page Facebook, le samedi 19 janvier dernier, Bruno Ben Moubamba, président de l’Alliance pour le changement et le renouveau (ACR) a annoncé la rupture officielle de l’ « alliance » qu’il qualifie d’«objective » scellée au sortir de la  présidentielle d’août 2016 avec Ali Bongo Ondimba candidat du Parti démocratique gabonais à ladite élection.



« Pour l’honneur, pour l’Histoire, sans rancune et sans haine, nous entreprenons ce samedi 19 janvier 2019 de rompre officiellement notre alliance objective » avec le Président Ali Bongo Ondimba et son pouvoir, une alliance qui devait pourtant favoriser la stabilité de l’Etat gabonais et qui n’a jamais été un pacte de corruption mais qui a été piétinée par un système démuni de principes et de valeurs », a-t-on pu lire.

Expliquant être sorti sans affaires sordides sur le dos du gouvernement Issoze Ngondet en fin 2017 avant qu’il ne soit trop tard et malgré mille et une attaques « et non des moindres  et c’est un motif de satisfaction », précise-t-il, Bruno Ben Moubamba estime avoir gardé ses positions au milieu des humiliations.

Rappelant les origines de cette « alliance objective », Bruno Ben Moubamba explique quand qu’en juin-juillet 2016, après avoir rencontré à Paris « longuement et par deux fois le néo-opposant Jean Ping », il a fait le tour de l’ensemble des ambassadeurs occidentaux à Libreville compris y compris les observateurs pour expliquer que « des violences sans précédent auraient lieu après l’élection présidentielle du 27 août 2016 au Gabon, d’une part ; mais que, d’autre part, si les néo-opposants issus du PDG (au pouvoir depuis 52 ans) se montraient incapables de changer l’ordre établi, nous n’hésiterions pas à soutenir le « candidat Président » au nom du réalisme politique et non de la morale politique ».

A l’issue de la présidentielle, Ali Bongo Ondimba déclaré président, Bruno Ben Moubamba estime que c’est « sans doute informé de cette position, qu’il demandât à nous rencontrer au début du mois d’août 2016. Il nous avait déjà proposé des positions en août 2009 que nous avions refusées, à l’époque ».

« Nous ayant exposé la situation explosive dans laquelle était le pays, il nous invitât à passer du stade de l’activisme politique à la position d’homme d’État. Comment donc ? Le Gabon était menacé d’être mis sous tutelle internationale : une voix devait se lever au sein de l’opposition pour éviter cette mise sous tutelle internationale et favoriser la stabilité de l’Etat », a-t-il poursuivi. 

Laissez votre commentaire