lundi,25 janvier 2021
Accueil A La Une Gabon: black-out sur la déclaration de biens des membres du gouvernement !

Gabon: black-out sur la déclaration de biens des membres du gouvernement !

Alors qu’une Campagne de  Sensibilisation sur les mécanismes de lutte contre la  corruption dans toutes les administrations publiques bat actuellement son plein, l’opinion s’interroge sur le sort donné à la procédure de déclaration de biens à laquelle sont assujettis les membres du gouvernement. En effet, depuis sa nomination le 16 juillet 2020, Rose Christiane Ossouka Raponda et les membres de son gouvernement semblent avoir décidé d’esquiver cette obligation légale gage pourtant de bonne gouvernance. 

Depuis 2003, avec l’institution de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite, il est fait obligation à l’ensemble des dépositaires de l’autorité de l’Etat de faire leur déclaration de biens. Une obligation reposant sur un arsenal juridique spécifique notamment la loi n°002/2003 du 07 mai 2003 instituant un régime de prévention et de répression de l’enrichissement illicite en République gabonaise mais aussi le décret n°000324/PR/MCEILPCC du 07 mai 2004 fixant les modalités de déclaration de biens, modifié. Des obligations légales qui semblent toutefois se heurter au manque de volonté affiché depuis plusieurs années par les fonctionnaires assujettis à cette procédure notamment les membres du gouvernement. 

Si pour la première fois de l’histoire de la mise en place de cette procédure, l’ancien chef du gouvernement Julien Nkoghe Bekale s’était plié à cette obligation le mardi 19 novembre 2019 à la Commission nationale de la lutte contre l’enrichissement illicite, l’actuel gouvernement conduit par Rose Christiane Ossouka Raponda semble très peu motivé à suivre cet exemple. 

En effet, si l’article 5 nouveau de la loi n°002/2003 du 17 mai 2003 dispose que « tout dépositaire de l’Etat est astreint à l’obligation d’établir une déclaration de ses biens avant son entrée en fonction, tous les trois ans  pendant la durée de celle-ci et au moment de la cessation de ladite fonction », voilà bientôt 6 mois que Ossouka Raponda semble faire la sourde oreille en ignorant « volontairement » cette obligation légale. 

Faut-il rappeler qu’étant détenteur de l’autorité de l’Etat, l’actuel chef du gouvernement est susceptible d’être tenté par le fléau du détournement ce qui rend obligatoire son passage de la Commission nationale de lutte contre l’enrichissement illicite. Mais cette disposition ne concerne pas que le Premier ministre, les autres membres du gouvernement doivent s’y conformer, y compris ceux qui avaient volontairement esquivé cette procédure. En s’y conformant, le gouvernement répondrait également aux instructions du chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba qui a fait de la lutte contre la corruption et de l’application de la bonne gouvernance une priorité de sa politique. Sauf à croire que Ossouka Raponda et son équipe n’en ont cure des orientations du président de la République, l’opinion est donc en attente de leur passage devant la CNLCEI.

Laissez votre commentaire

Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
Bestheinfusion