samedi,19 septembre 2020
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Gabon : BLA et Compagnie seraient-ils de simples boucs-émissaires ?

Les événements de ces 48 heures ressemblent à s’y méprendre à une chasse aux sorcières lancée contre des membres et sympathisants de l’Association des jeunes émergents volontaires (Ajev) dont la campagne de dénonciation contre son fondateur Brice Laccruche Alihanga commence à susciter des interrogations au sein d’une partie de l’opinion nationale. Entre un timing quelque peu suspicieux et les motifs évoqués pour justifier ce qui s’apparente curieusement, à une cabale maladroitement menée, les Gabonais restent pantois et donnent peu de crédit à ces affaires qui font les choux gras de la presse nationale et des activistes.

Depuis quelques jours, les réseaux sociaux grouillent de commentaires sur les récentes arrestations intervenues au sein de la galaxie Ajev cornaquée par l’ancien directeur de cabinet du président de la République Brice Laccruche Alihanga. Une vaste opération d’interpellations qui coïncide curieusement avec une campagne de dénigrement lancée contre ce dernier, qui selon ses proches serait désormais accusé de tous les péchés d’Israël. 

En effet, des théories largement relayées sur les réseaux sociaux et auprès des populations, exposeraient l’ancien proche collaborateur affectueusement appelé « messager intime » d’Ali Bongo Ondimba comme étant le maître d’oeuvre de détournements dans les administrations et établissements publics au sein desquels étaient en poste certains de ces proches. Des assertions qui pour certains observateurs sont dénuées de sens lorsque l’on sait la procédure relativement complexe du décaissement de fonds publics.  

Il faut dire que la comptabilité publique prévoit selon une spécialiste en la matière, « dans une entreprise possédant un Conseil d’administration tout décaissement soit entériné par le Conseil puis le ministre de tutelle », précise-t-il. D’où la question de savoir où aurait pu intervenir tout seul le directeur de cabinet dans ce type de transaction ? Sauf à croire que l’ensemble de la chaîne de décaissement est faillible, ce qui supposerait que les interpellations en cours actuellement doivent toucher un plus grand nombre de responsables, jusqu’aux ministres de tutelle des sociétés touchées par ces prétendues malversations présumées. 

Pis, de nombreux observateurs de la vie politique gabonaise estiment que ces affaires cachent mal la volonté de jeter en pâture quelques boucs émissaires triés sur le volet alors que le commun des Gabonais sait que la problématique des détournements de deniers publics était déjà au centre du premier septennat d’Ali Bongo Ondimba. Aussi, la morsure sélective du “Mamba” qui n’intervient que lorsque des questions de pouvoir s’imposent, laisse songeur.

D’ailleurs, cette commedia dell’arte offerte aux Gabonais ressemble à celle qui a conduit à l’arrestation de nombreux barons du régime, à l’exemple de Magloire Ngambia, Etienne Ngoubou, Blaise Wada ou encore Juste Valère Okologo W’Okombat, dont les derniers cités jouissent pleinement de leur liberté faute d’éléments probants susceptibles de les présenter devant une juridiction de jugement.

Ces intrigues en cours ne sont donc pour les proches de l’ancien DC que des simples mises en scène visant à ternir l’image de ce dernier et obtenir la mise à l’écart de certaines personnalités jugées trop encombrantes. La suite de l’enquête judiciaire en cours apportera des réponses à ces interrogations.

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Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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