vendredi,25 septembre 2020
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Gabon : biens mal acquis, pourquoi la justice est-elle silencieuse? 

L’affaire vient d’être exhumée par la justice française, celle des biens mal acquis dont l’évocation provoque ire et épouvante pour les gouvernements concernés. Dans la sous région, on l’a érigée en sujet tabou, au Gabon encore plus où depuis la révélation de cette affaire, le gouvernement s’est volontairement vautré dans un mutisme refusant de s’exprimer sur la question. Et pour 2020, la ministre de la Justice Erlyne Antonela Ndembet épouse Damas et le gouvernement gardent leur position qui a pour principe absolu, le silence.

Les biens mal acquis, du nom de cette affaire politico-judiciaire, concernant une plainte avec constitution de partie civile déposée en France par deux organisations non gouvernementales Sherpa et Transparency International France, visant les chefs d’Etat africains sur l’acquisition d’un important patrimoine immobilier et mobilier en France est en quelque sorte, la bête noire du gouvernement gabonais et ce depuis l’éclatement de cette affaire en 2008 sous Bongo père.

Plus d’une décennie après et passé le 1er procès tenu le 19 juin au 05 juillet 2017, l’affaire vient d’être à nouveau remise au goût du jour par le déploiement de l’ONG française Transparency International qui a relancé le dossier par le biais de son avocat  William Bourdon nous informe l’hebdomadaire L’Aube. Pour ce dernier poursuit le média, il est question « d’identifier de nouveaux comptes bancaires, de nouveaux mouvements financiers et donc, d’établir une cartographie des biens immobiliers suspectés d’avoir été acquis par des moyens illicites ».  

Seule curiosité pour l’heure, c’est le calme plat pour le pays concerné, le Gabon qui ne semble manifestement pas être concerné par le sujet. Disons qu’il est coutumier du fait, du temps du père, c’est un sujet sensible qui n’avait jamais ou presque été évoqué. Les rumeurs disent même que feu Omar Bongo Ondimba s’était senti trahi par le fait que cette enquête ait eu  pour origine la France, pays ami du Gabon, où il y comptait plusieurs relations étroites basées sur des amitiés fortes et sincères.

Encore plus dommageable est le fait que la justice gabonaise se soit alignée sur la posture du gouvernement sans doute parce qu’elle « concerne exclusivement la famille d’Omar Bongo. Ensuite, parce que la puissante famille règne sur le pays depuis 1968 et ses ramifications au sein de l’appareil étatique et judiciaire ne sont plus à démontrer » analyse l’hebdomadaire L’Aube.

Une position pertinente quand on sait que l’institution juridique la puissante du pays est dirigée par une  proche et intime du pouvoir à savoir Marie Madeleine Mborantsuo laquelle a en 2014 été « soupçonnée de détournement de fonds publics et de blanchiment de capitaux en bande organisée » par le parquet financier français. 

Pour une question aussi importante, le ministère de la Justice est silencieux et c’est assez curieux pour un pays qui crie à hue et à dia luter contre la corruption et qui se revendique être un Etat de droit. Un Etat de droit pour certains, et surtout quand il y a une volonté de régler des comptes aux autres. L’opération Scorpion nous le montre et pour ceux qui se demandaient pourquoi le clan Bongo reste silencieux, les faits sus évoqués, vont apporterons un début de réponse.   

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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