samedi,19 septembre 2020
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Gabon: Biendi Manganga Moussavou favorable à la dépénalisation de l’homosexualité au nom des libertés individuelles

« Au nom des principes d’égalité et de partage mais surtout des droits et libertés constitutionnels de chacun », c’est l’élément phare sur lequel s’est appuyé le ministre de l’Agriculture, de l’Élevage, de la Pêche et de l’Alimentation pour appuyer son adhésion au retrait du code pénal de l’alinéa 5 de l’article 402 actant de facto la dépénalisation de l’homosexualité par le biais d’une déclaration sur son compte Facebook. Pour Biendi Manganga Moussavou, cette volonté des Parlementaires n’est que la traduction du retour aux fondements du code pénal né des pères fondateurs qui dans l’arsenal répressif de 1963 ne condamnaient pas l’homosexualité. Cette dépénalisation s’inscrit dans cette continuité et ce voeux de ne pas voir au Gabon, une personne condamnée et privée de sa liberté en raison de son orientation sexuelle. Nous publions in extenso, son propos sur le réseaux social. 

« Ceci dit, parmi les 21 rapports adoptés hier figure celui relatif au code pénal.

Les commentaires qui l’entoure suscite une interrogation sur notre perception de la tradition et de la religion. En effet le sujet qui est devenu le cœur des échanges sur un code pénal moderne est celui de la dépénalisation supposée de l’homosexualité qui heurterait nos traditions et nos valeurs religieuses.

Pour moi qui ai 46 ans, je suis né en 1974, la tradition ou la coutume, je parlerai même de doctrine législative est fondée sur le code pénal de 1963 qui a été en vigueur jusqu’à ce jour.

Les plus anciens encore en vie sont ceux qui l’ont rédigé et les autres générations comme la mienne et les suivantes sont celles pour lesquelles il constitue la référence: ce code ne comportait pas de pénalisation de l’homosexualité et c’est ça ma tradition. C’est cette tradition-là qui a structuré ma personnalité.

C’est le code pénal adopté en 2019 mais qui n’a jamais été appliqué en raison de certaines incongruités qui est lui contraire aux traditions d’un gabonais de ma génération qui n’a jamais vécu ou entendu parler de l’arrestation encore moins de la condamnation, au Gabon, d’un gabonais ou d’un étranger sur ce sujet.

L’Assemblée Nationale a adopté ce texte moderne et c’est ce qu’il fallait, parce que d’une part de nombreuses procédures pénales étaient suspendues et d’autre part parce qu’il est moderne et plus efficace que celui de 1963.

Au nom des principes d’égalité et de partage mais surtout des droits et libertés constitutionnels de chacun le Gouvernement a soutenu, à cette occasion, le retrait de l’alinéa 5 de l’article 402 de ce projet.

Admettons tout de même que c’est avec la même énergie que ceux qui parlent de tradition et de chrétienté, aujourd’hui, dénoncent a contrario de façon systématique, le christianisme comme base de l’asservissement du peuple noir par l’esclavagisme devenu colonisateur, dès qu’ils sont sur d’autres sujets.

Admettons aussi que parler de tradition peut revenir à prétendre être plus patriote, plus attaché à nos valeurs traditionnelles, que les pères fondateurs de notre Nation qui ont élaboré le texte de 1963: ces pères fondateurs étaient, ne l’oublions pas leurs propres arrières-grands-pères, leurs grands-pères et parfois leurs pères et ont ne peut pas douter de leurs attachement et de leur proximité avec nos valeurs.

Je pense que la vraie question c’est qu’on a le droit de juger et même de réprouver la pratique ou l’orientation d’un autre, c’est à chacun de se déterminer. Mais souhaitons nous pour autant que cet autre, notre enfant ou non, soit condamné, envoyé en prison pour ses orientations: il y a vraiment une grande différence voilà le vrai débat. Il ne devrait pas ressurgir aujourd’hui alors que nous avons des problèmes sur lesquels notre union doit se constituer. D’ailleurs pour ma part, ce débat a été tranché dans la foulée de la proclamation de notre indépendance »

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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