Gabon: Baisse insignifiante des effectifs de la Fonction publique 

Le ministre de la Fonction publique, de l'Innovation du service public et du Travail Madeleine Berre © D.R

Alors que le gouvernement s’auto-satisfait de la baisse relative des emplois dans le secteur public, l’analyse de différents éléments laisse pourtant transparaître un nouvel échec en matière d’optimisation des ressources de l’Etat. Ainsi, bien que passé sous la barre des 100 000, le nombre d’agents publics demeure pléthorique dans un pays d’à peine 2 millions d’habitants, où l’Etat reste le premier employeur. 

Engagé dans un processus de maîtrise des dépenses publiques, de renforcement de l’efficacité de la dépense publique et d’optimisation des ressources budgétaires à travers son Plan de relance de l’Économie (PRE), le gouvernement peine pourtant à juguler la flambée de la masse salariale observée ces dernières années. Ainsi, malgré une très légère baisse du nombre d’agents publics, la masse salariale demeure toujours aussi élevée. 

Qu’on ne s’y trompe pas. Même si l’enthousiasme est de mise au sein du gouvernement qui n’a pas manqué de s’auto congratuler de cette baisse (trop) peu significative pour avoir un réel impact sur le niveau des ressources de l’Etat, l’épreuve des faits amène plutôt à s’interroger sur l’efficience d’un tel nombre d’agents. Quand on sait qu’ils n’étaient que 70 000 en 2009 et qu’ils représentent aujourd’hui près de 100 000 agents, la question de la productivité se fait également jour au regard de la situation actuelle. 

Représentant toujours près de 700 milliards de FCFA de dépenses budgétaires à fin mars 2019, ces 97 000 agents sont une véritable épine sous le pays d’un gouvernement censé conduire le pays vers une redistribution optimale de ses ressources. Peu ou souvent mal formés, bon nombre de ces agents constituent bien plus un poids, qu’une valeure ajoutée pour l’Etat qui peine à s’en séparer. 

Par ailleurs, à l’analyse de la répartition de ces agents secteur par secteur, on se rend compte que des ministères sensibles comme les Travaux Publics, sont en sous effectif comme cela a été évoqué lors d’une réunion entre le numéro 1 de ce département Arnauld Engandji et ses Directeurs provinciaux. Or, les forces de défense et de sécurité sont elles, paradoxalement, en sureffectif. 

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