Gabon: Axe Lebamba-Mbigou, la route de l’extrême

Laissé pour compte,  l’axe Lebamba-Mbigou est l’une des routes les plus impraticables de l’arrière pays. Non bitumée, ni même grattée ou ensoleillée, les ressortissants de cette contrée chaque jour, bravent le danger entre route glissante, chemin sinueux et boueux, pour se rendre dans leurs villages. Une situation inconvenante et particulièrement dangereuse qui expose de nombreux compatriotes de cette région, à un danger certain.

Il est de notoriété publique que le tronçon routier de la zone dite de la Ngounié-Sud est à des années lumière de celui de son homologue de la Ngounié Nord. Ce dernier étant plus développé, mieux aménagé et surtout parfaitement praticable en toute saison. 

État des lieux d’une route exposant les usagers à un péril certain 

L’enfer ”, c’est comme cela que certains riverains s’amusent à qualifier le tronçon routier alliant Lebamba à Mbigou. Un tronçon qui en réalité ne l’est que de nom. Car, il faut rouler depuis Lebamba sur 86 Km de piste d’éléphants au milieu des bois sur un chemin glissant, boueux et mouvant en saison de pluie et sous un épais brouillard de poussière rouge en saison sèche pour rejoindre Mbigou.  

Quatre heures de calvaire qui mettent à rude épreuve les véhicules et parfois les passagers car très souvent, embourbés, bloqués, ils doivent descendre et se déployer soit pour pousser une voiture empêtrée dans la boue, soit le temps de quelques heures, se transformer en ingénieurs ponts et chaussées de fortune pour réfectionner des ponts artisanaux en bois pourris de l’époque coloniale.  Parfois, certains usagers passent la nuit sur ces mouroirs, contraints de s’arrêter en raison de l’état de la route et de l’impossibilité de conduire en nocturne. 

Lire aussi : Gabon: La Ngounié sud aux bons souvenirs des abonnés au sous développement 

Un état de la route funeste et consternant qui ne s’explique que par la négligence et l’affabulation des gouvernants, lesquels avaient pourtant, dans leurs multiples projets fait de grandes  promesses, annoncé le bitumage de cet axe. En effet, l’Aménagement de la route Lébamba-Mbigou entrait dans le cadre du Schéma National de Développement des Infrastructures (SDNI) issu du Plan Stratégique Gabon Emergent (PSGE). Aménagement pour lequel, le cabinet STUDI International avait même réalisé toutes les études nécessaires depuis 2007/2008 dans le cadre de l’étude du projet Ndendé – Koulamoutou. 

Une politique de la promesse facile mais des actes invisibles 

A la lumière de cette étude, Magloire Ngambia alors ministre des Infrastructures, des Travaux publics et de l’aménagement du territoire annonçait la construction et le bitumage des 86 km de route entre Lébamba et Mbigou sur 5 tronçons. Il s’agissait des tronçons Lébamba-Makongonio (39 km), Makongonio-Marembo (10 km), Marembo-Ndenga (17 km), Ndenga-Mbigou (20 km). Mais comme d’ordinaire, entre la parole et les actes, le gouvernement n’a pas trahi ses principes et ne s’est pas débiné. Il a promis, menti, assumé son mensonge. Les populations n’ont eut que leurs yeux pour pleurer et leurs pistes pour s’engouffrer. Les habitants de la Boumi-Louetsi prennent acte et s’en souviendront. 

Par ailleurs, la subdivision des travaux publics qui s’assuraient de façon continue du bon état de la route et de la réfection des ponts ne dispose plus de finances. Les moyens de locomotion sont vétustes et le personnel depuis plusieurs mois ne s’emploie naturellement plus à l’amélioration de ces routes. L’Agence nationale des grands travaux d’infrastructure pour sa part, devenue Agence nationale des grands travaux d’infrastructures absorbe tous les crédits et prive l’administration déconcentrée, tous les habitants du département de la Boumi Louetsi du droit devenu rêve de jouir d’une route praticable. 

Laissez votre commentaire