vendredi,30 octobre 2020
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Gabon: avec 0,2% de contamination en moyenne pourquoi proroge-t-on l’état d’urgence ?

Les conclusions du conseil des ministres du vendredi 2 octobre rendues publiques par la porte parole du gouvernement Madeleine Berre ont été marquées entre autres, par la prorogation de l’état d’urgence sanitaire. Une prorogation qui contraint les populations à subir à nouveau, les mesures gouvernementales restrictives de liberté au nom d’une Covid-19 dont les chiffres, clairement, montrent l’impertinence de cette énième prorogation

Sont prorogées au terme du conseil des ministres de ce vendredi 3 octobre 2020, « les mesures sanitaires de  prévention, de lutte et de riposte contre la COVID-19 conformément à la loi n°003/2020 du 11 mai  2020 fixant les mesures de prévention, de lutte et de  riposte contre les catastrophes sanitaires ». C’est en ces mots que comme le pressentait l’opinion,  le gouvernement a entériné la prorogation de toutes les mesures par le biais du « Projet de loi portant prorogation des mesures de prévention, de lutte et  de riposte contre la Covid-19 » conscient de ce que, les chiffres de la tendance actuelle sont à la baisse. Mieux, dérisoires, au regard de la moyenne entre les cas positifs et le nombres de prélèvements effectués. 

Pour exemple, les chiffres de la surveillance épidémiologique de ce vendredi 2 octobre font état de 31 contaminations sur 5661 prélèvements effectués, soit une moyenne de 0,5%. Ceux de la surveillance du mercredi 30 septembre affichent un total de 14 contaminations sur 5662 prélèvements, soit un pourcentage de 0,2%. Enfin, les chiffres du lundi 28 septembre 2020, présentent un bilan de 24 cas positifs sur 5381 soit une moyenne de 0,3%. 

« Les faits sont têtus mais la réalité est concrète » dit-on. En une semaine, la moyenne entre contaminations et prélèvements n’a pas atteint 1%. Mieux, dans certaines provinces comme le Moyen-Ogooué, en dépit des prélèvements, très souvent, aucun cas n’a été enregistré. Le Gabon n’a enregistré en 7 mois que 54 décès. Le constat est donc sans appel. Le comité de pilotage du plan de veille et de riposte contre l’épidémie à Coronavirus a réussi à circonscrire le virus presque sur l’ensemble du territoire national. 

Une question revient donc de façon incessante dans l’esprit des Gabonais. Pourquoi diantre, en dépit de cette réalité manifeste, le gouvernement s’entêtet-il proroger l’état d’une situation qui en tout point de vue, n’est plus urgente ? Le Gabon n’enregistre plus de décès, en réanimation on compte en moyenne au plus 4 patients, le nombre de personnes hospitalisées est inférieure à 10 ? 

Constat fait, sur quoi s’appuie donc Guy Patrick Obiang Ndong et par ricochet, le gouvernement Ossouka Raponda pour proroger cette loi n°003/2020 du 11 mai  2020 fixant les mesures de prévention, de lutte et de  riposte contre les catastrophes sanitaires ? Ou bien la Covid-19 n’est que le subterfuge derrière lequel se cache Ossouka Raponda et compagnie pour mettre en œuvre leurs desseins inavoués

La relance économique, socle sur lequel s’est appuyé le gouvernement n’est à l’heure actuelle toujours pas effective. L’économie nécessairement de rente tourne au ralenti. Quel est cette situation ou état tellement urgent qui pousse « la reine des Mpongwè et son équipe » à sacrifier toute une économie sur l’autel d’une pandémie que le Gabon, semble du reste,  avoir demaîtrisée

Les populations ne sont pas naïves et ce gouvernement en est conscient. Tout le monde sait que cette prorogation a des desseins aux antipodes de la situation sanitaire actuelle. L’exécutif sait pertinemment que lever l’état d’urgence signifie tourner la page de la covid-19. Et tourner la page de la covid-19 a pour corollaire, le retour au devant de la scène de toutes les thématiques relatives aux crises diverses et multiformes qui secouent le pays. 

Tourner la page de la covid-19 c’est prêter le flanc à l’opposition, la Société civile et aux populations, de remettre au goût du jour la fâcheuse question de la vacance du pouvoir. Ossouka Raponda n’est pas bête. « Qui est fou » comme diraient les ivoiriens. Gardons-les confinés, s’est-elle certainement dit.

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Pharel Boukikahttp://gabonmediatime.com/
Titulaire d'une Licence en Communication, d'une Licence en Economie et Gestion et d'un Master en droit Privé, mon appétence pour le journalisme est mise en exergue au quotidien à travers mes analyses sur Gabon Media Time dont je suis le Rédacteur en Chef.
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