Gabon: après l’échec des 10 000 emplois par an du PRE, Ali Bongo promet désormais 20 000 

Ike Ngouoni, porte-parole de la présidence de la République © D.R

Voilà une déclaration qui devrait susciter bon nombre d’interrogations. En marge d’une conférence de presse organisée ce mardi dans les locaux du palais du bord de mer, le porte parole de la Présidence Ike Ngouoni a révélé une information qui a de quoi surprendre, en annonçant la création de pas moins de 20 000 emplois par an dans le secteur privé formel. 

Les difficultés de mise en oeuvre du Plan de relance de l’Économie (PRE) marquées par l’incapacité du gouvernement à atteindre ses objectifs prioritaires, n’ont visiblement pas entamé l’enthousiasme de celui-ci. Ainsi, parlant d’employabilité notamment des jeunes, le gouvernement qui a “échoué” à créer les 30 000  emplois “promis” dans le cadre du PRE, vient d’en rajouter une couche et pas des moindres.

En effet, en marge de cette conférence de presse, Ike Ngouoni a déclaré en citant le Président Ali Bongo, que le gouvernement a comme « objectif de doubler le taux de création d’emplois dans le secteur privé formel », ce qui signifie selon le porte parole de la Présidence « que notre économie devrait créer, au bas mot, par an 20 000 emplois dans ce secteur ». Bien loin de ces chiffres pour le moins fantaisistes, cette déclaration sonne plutôt comme un désaveu. 

Entre, ralentissement économique, taux de croissance inférieur à 3%, recettes hors-pétrole inférieures à 12%, dette publique à 60% du PIB, dégradation du climat des affaires, il semble difficile d’être optimiste. De plus, avec 46% des jeunes de moins de 26 ans qui sont pour la plupart diplômés, sans emplois, et un taux de chômage des moins de 30 ans de plus de 35% selon l’Organisation International du travail (OIT), on peut se questionner sur la portée d’une telle “ambition”. 

Par ailleurs, en pointant systématiquement certaines entreprises notamment de presse, qui pourtant créent des dizaines d’emplois directs et directs dans le pays, et contribuent à l’activité économique à travers le paiement de cotisations, d’impôts et l’achat de biens et services adossés à diverses taxes, le gouvernement semble agir de manière contradictoire, puisque ces sanctions détruisent des emplois. Qu’à cela ne tienne, de nombreux doutes subsistent quant à sa capacité à créer autant d’emplois dans les années à venir, alors que seulement 4 000 sur les 30 000 promis dans le cadre du PRE ont été créés.

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