vendredi,14 août 2020
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Gabon : après 6 mois de sanction «arbitraire» L’Aube revient en kiosque

Après avoir essuyé une sanction de la Haute autorité de la communication (HAC) le mercredi 10 avril 2919, l’hebdomadaire du groupe Oloumambè revient en kiosque ce lundi 11 novembre avec une interview de Germain Ngoyo Moussavou, ancien directeur de cabinet adjoint d’Omar Bongo et ancien ambassadeur du Gabon en France. Un retour qui ne manquera pas de plaire à ses fidèles lecteurs. 

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C’était entre autres pour une interview du directeur de publication de l’hebdomadaire Echos du Nord perçu par la HAC comme « une apologie de l’injure » envers l’institution et ses membres que Désiré Ename qualifiait « de sicaires, larbins et bien d’autres expressions acronymes péjoratifs et sarcastiques », et pour avoir publié dans le journal  le 1er avril 2019 un article qui traitait d’un  « entretien fictif » avec la journaliste Ambroise Reteno. Une interview qui n’était qu’un poisson d’avril. 

D’ailleurs  Reporters sans frontières (RSF) avait appelé « la HAC à garantir le droit à l’humour que peuvent exercer les journalistes alors qu’un directeur de publication est convoqué pour avoir publié une fausse interview de l’ex-dir cab d’Ali Bongo à l’occasion du 1er avril ». Quand pour Gabonreview « le journal L’Aube paye ainsi plusieurs faits qui n’ont visiblement pas plu à la HAC ». Quoi qu’il en soit, L’Aube a purgé sa sanction et est de retour en kiosque pour le plaisir de ses lecteurs.

Pour Benicien Bouschedy, ancien journaliste du Groupe Oloumambè qui édite le journal L’Aube « la sanction de l’hebdomadaire a une fois de plus démontré que le Gabon est un pays qui s’étiole en l’absence d’une véritable liberté d’expressions, liberté de la presse ou, disons, liberté tout-court », explique-t-il. L’excès de pouvoir de certaines « personnalités » à la tête des institutions « comme la HAC », poursuit-il « témoigne de ce que notre pays est une dictature sur le modèle du ridicule étouffant la vie professionnelle et même sociale de nombreux Gabonais ».  

Le retour de L’Aube en kiosque n’a pas laissé le secrétaire exécutif de l’Organisation patronale des médias (OPAM) du Gabon indifférent. En effet, Jean-Yves Ntoutoume joint par Gabon Media Time ne cache pas sa joie. « C’est toujours un sentiment de satisfaction de revoir un journal aussi crédible comme L’Aube en kiosque après 6 mois de suspension. Parce que comme vous le savez, un journal suspendu est un espace de liberté qui est muselé. C’est encore l’occasion de dénoncer la recrudescence des fermetures des journaux par la HAC », a-t-il confié.   

Appelant la Haute autorité de la communication a prendre en considération le caractère commercial des organes de presse, Jean-Yves Ntoutoume a une nouvelle fois fustigé le tout répressif qui prévaut contre ces derniers. En fait, les presses écrites, audiovisuelles et en ligne sont éditées par des entreprises qui ont du personnels, des charges fiscales et sociales. Régulièrement sanctionnées, plusieurs d’entre elles subissent des tensions de trésorerie qui peuvent déboucher sur les fermetures définitives et donc la mise à mort de la presse. 

« L’instance de régulation doit savoir que ces journaux qu’elle suspend sont des entreprises en bonne et due forme et donc des familles qu’elle précarise en privant des pères et mères de salaires plusieurs mois. En continuant à fermer ces entreprises alors que d’autres modes de sanctions existent, la HAC finira par les faire tomber en faillite et se sont les personnes qui y travaillent qui seront au chômage », a expliqué le secrétaire exécutif de l’OPAM. 

Le Rassemblement pour la patrie et la modernité (RPM) d’Alexandre Barro Chambrier salue, par le biais de son secrétaire national en charge de la communication Joyce Ntsegue Laffite, « le retour de L’Aube en kiosque après 6 mois d’absence ». Un retour que ce jeune homme politique, cadre du RPM qualifie également de petit pas de géant dans la qualité de l’information qui sera diffusé. « Cet hebdomadaire participe selon lui, à l’équité de l’information en République gabonaise », mais il n’a pas manqué de se désoler du fait que depuis sa création, « la HAC est dans une sorte de « mise en fourrière » des journaux du groupe Oloumambè, qu’elle musèle par des censures arbitraires successives »

Pourtant la liberté de la presse comme l’affirme le secrétaire général de l’Organisation des nations unies (ONU) António Guterres, « Il ne saurait y avoir pleine démocratie sans accès à une information transparente et fiable. La liberté de la presse est la pierre angulaire de l’édification d’institutions justes et impartiales ; elle permet aussi de mettre les dirigeants devant leurs responsabilités et d’exprimer la vérité face aux puissants ». 

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Mouss Gmt
Henriette Lembethttp://gabonmediatime.com/
Journaliste Le temps est une donnée fatale à laquelle rien ne résiste...
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