mercredi,25 novembre 2020
Accueil Derniers articles Gabon: Après 33 ans de prison, Mba Nteme sollicite «sa mise en...

Gabon: Après 33 ans de prison, Mba Nteme sollicite «sa mise en liberté conditionnelle»

C’est par le biais d’une lettre adressée le 1er octobre 2020 à l’inspecteur des affaires judiciaires près le tribunal de première instance de Libreville que Théophile Mba Nteme a sollicité sa mise en liberté au motif de bonne conduite en milieu carcéral. Agé de 70 ans et ayant passé 33 ans et 6 mois derrière les barreaux, ce détenu pour acte de canibalisme, est en droit de bénéficier de la clémence de la justice gabonaise conformément à l’alinea 2 de l’article 5 de la loi n°3/2010 du 15 février 2010 portant abolition de la peine de mort en République gabonaise qui donne la possibilité au condamné à la réclusion criminelle à perpétuité de bénéficier d’une remise en liberté conditionnelle ou d’une grâce présidentielle.

C’est un nom qui de génération en génération continue d’évoquer la peur. En effet « Mba Nteme » de son prénom Théophile, revêt l’image du « mangeur de chair humaine ». Une description dont celui qui a été placé en détention préventive le 27 avril 1987 puis condamné à la peine capitale à l’issue de l’audience criminelle du 02 novembre 1988, a tenu à se défaire. Durant un récent entretien accordé à une de nos sources, l’intéressé a purement réfuté les accusations portées à son encontre par la Cour depuis 3 décennies. « Je suis innocent », a réaffirmé Théophile Mba Nteme.

Poursuivant son propos, ce dernier a levé le voile sur les circonstances ayant entraîné son interpellation et sa condamnation. « Je suis mécanicien de ligne, conducteur de tout engin sur rail. En 1987, mon temple sis à  Akournam commençait déjà à refuser du monde dû aux nombreuses guérisons des patients. C’est ce succès qui m’a attiré des ennemis », aurait-il confié à notre source. Aussi aurait-il ajouté avoir eu des  ennuis avec un certain « A-B », une autorité du pays dont il ne donnera pas d’amples informations. 

A l’affût de toute erreur de la part de Mba Nteme, « A-B » aurait attendu qu’une patiente venue en mauvais état perde la vie dans son temple pour régler ses comptes en montant de toutes pièces une histoire de cannibalisme. Laquelle permettra à la justice de l’interpeller puis de le mettre sous mandat de dépôt le 27 avril 1987. Il sera présenté à la barre durant l’audience criminelle du 02 novembre 1988 dont il sera jugé coupable de meurtre assorti de la peine capitale. 

Stoïque et exemplaire dans son mode de vie au sein de la prison centrale de Gros-bouquet où il a ouvert la première cellule de prière en 1993, Mba Ntem aura traîné son spleen pendant 33 ans et 6 mois avant de se décider à réclamer au nom de la loi sa mise en liberté conditionnelle. Pour ce faire, Théophile Mba a adressé le 1er octobre dernier un courrier à l’endroit de l’Inspecteur des affaires judiciaires près le tribunal de première instance de Libreville. Espérons que la justice gabonaise sera ouïe de cette requête.

Pour information, la loi n° 3/2010 du 15 Février 2010 portant abolition de la peine de mort en République gabonaise dispose dans son article 5 alinéa 2 que « le condamné à la réclusion criminelle à perpétuité ne peut bénéficier d’une mesure de grâce ou d’amnistie, de libération conditionnelle ou de réhabilitation avant d’avoir accompli 30 ans d’emprisonnement au moins », est-il clairement énoncé. Une disposition légale qui rend recevable la requête de Théophile Mba Nteme qui après 33 ans et 6 mois de prison mêlé à un comportement jugé irréprochable par les agents pénitentiaires, pourrait prétendre à cette grâce. 

Laissez votre commentaire

Global Media Time Gif 2px
Bestheinfusion