mercredi,28 octobre 2020
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Gabon: Ali Bongo reconnaît le caractère criminel de l’offre de formation de son gouvernement

Mea culpa ou simple discours démagogique? C’est la question que l’opinion pourrait se poser après l’évocation par le chef de l’Etat Ali Bongo Ondimba de la problématique de l’offre de formation proposée par les universités et grandes écoles sous tutelle des ministères de l’Enseignement supérieur et de la Formation professionnelle. Un aveu pour le moins curieux lorsqu’on sait l’incapacité pour le gouvernement de réformer de manière efficace le système éducatif gabonais depuis des décennies. 

Lors de son discours à la Nation du 16 août 2019, Ali Bongo Ondimba est longuement revenu sur l’épineuse question du chômage qui selon lui doit nécessairement passer par « la réforme, aussi inédite qu’ambitieuse » du système d’éducation et de formation. S’il a promis que demain, « les jeunes formés trouveront un emploi plus facilement sur le marché du travail », il n’a pas manqué de s’insurger contre l’offre de formation actuelle. 

« Former les jeunes dans des secteurs qui n’offrent pas de débouchés est criminel, je pèse bien mes mots ! », a-t-il lancé. A cet effet, il s’est à nouveau dit résolu à mettre un terme à la gabegie  « en favorisant davantage l’enseignement technique et professionnel ». « C’est absolument crucial, notamment dans un secteur comme l’agriculture, jusqu’ici assez marginal mais dont le poids va être de plus en plus déterminant dans l’économie nationale », a-t-il martelé.

Si ce discours peut donner l’impression d’un voeux pieux, de nombreux observateurs s’interrogent sur cette position pour le moins curieuse. « Après 10 ans à la tête du pays, il est incompréhensible que ce soit en 2019 que le patron de l’Exécutif se rende compte de l’état de déliquescence du système éducatif gabonais », commente un économiste sous anonymat. Cela est d’autant plus vrai qu’Ali Bongo Ondimba ne pourrait qualifier l’offre de formation proposée par les établissements supérieurs du Gabon de « criminelle » sans se tirer une balle dans le pied, car depuis son accession à la magistrature suprême il est l’initiateur de la politique générale de la Nation, laquelle politique englobe l’Education nationale, l’Enseignement supérieur et la Formation professionnelle.  

Par ailleurs, la condamnation par le président de la République de l’offre de formation actuelle peut sembler incongrue lorsqu’on sait qu’en amont, les conditions d’apprentissage demeurent archaïques et ne pourraient pas favoriser l’éclosion de talents dans les domaines techniques. Il serait egalement necessaire de se questionner sur la capacité d’absorption du marché du travail dans un pays où la commande publique se rarifie par les effets de la crise.

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Mondjo Mouegahttp://gabonmediatime.com
Titulaire d'une Licence en droit, l'écriture et la lecture sont une passion que je mets au quotidien au profit des rédactions de Gabon Media Time depuis son lencement le 4 juillet 2016 et de GMTme depuis septembre 2019. Directeur des Rédactions et Rédacteur en chef de GMTme
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