Gabon: Ali Bongo  présentera t-il les voeux du nouvel an à la nation ?

Ali Bongo Ondimba, photo discours à la Nation du 31 décembre 2017 © DCP

C’est la question qui fait débat actuellement au sein de l’opinion, au moment où l’incertitude demeure quant à l’état de santé d’Ali Bongo Bongo Ondimba officiellement en phase de rééducation et de convalescence à Rabat au Maroc. Cette situation pour le moins exceptionnelle pourrait être une première dans l’histoire du Gabon depuis l’obtention de son indépendance en 1960.



Face à l’incertitude qui plane désormais sur la capacité intellectuelle et physique d’Ali Bongo d’assurer la charge de président de la République, l’opinion s’est tournée vers la tenue du traditionnel discours à la Nation prononcé chaque 31 décembre, pour avoir la confirmation ou l’infirmation des informations qui circulent ici et là. Une position que semblent vouloir brouiller les tenants du pouvoir qui depuis quelques jours tentent de distiller dans l’opinion l’idée de la nonobligation du chef de l’Etat de s’adresser à la Nation.

Pour justifier cette posture au antipode des traditions républicaines, des idéologues proches du Parti démocratique gabonais (PDG) estiment que « le discours à la Nation n’est pas une obligation constitutionnelle » et que  « le président de la République bien qu’étant apte à diriger le pays est tout de même en état de convalescence et ne peut donc s’imposer cette charge ».

Il faut noter, que loin de cette position désobligeante envers le peuple qui l’a élu, les proches du locataire du palais du Bord de mer, veulent par cette occasion déconstruire les principes qui fondent même la Nation gabonaise. En effet, ce rendez vous revêt une importance capitale car il permet non seulement au président de la République de dresser le bilan d’une année écoulée et de tracer les perspectives à venir, mais aussi constitue l’unique occasion pour ce dernier de s’adresser à la Nation.

Loin des agrégats développés par les proche d’Ali Bongo Ondimba, qui occupe actuellement la présidence de la République, l’entretien de l’idée de Nation se perçoit également dans la relation qu’à son chef vis à vis du peuple. Le respect des traditions républicaine bien que « n’étant pas une obligation constitutionnelle » devrait être au coeur du contrat social signé au terme du scrutin présidentiel.

Pour rappel, le principe de tradition républicaine suppose qu’il existe « un ensemble de valeurs et de pratiques républicaines, implicites ou traduites dans des textes républicains, et qui, au-delà et à travers les changements de gouvernement et de régime, incarnent la pérennité de la république et de ses valeurs ». Le discours à la Nation ou encore les hommages nationaux faisant partie de ces traditions, il est bien curieux que des concitoyens s’arc-boutent dans le non respect de cette obligation républicaine.  

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