lundi,26 octobre 2020
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Gabon: Ali Bongo appelle les ministres à adopter une communication pédagogique sur sa vision

Si l’on demandait au Gabonais lambda de résumer la vision du président de la République gabonaise, il n’est pas évident qu’il s’en sorte dans cet   exercice. Pourtant, il est représentatif de plus de la moitié de la population. Lors du Conseil des ministres du 22 juillet 2020, Ali Bongo Ondimba a instruit les membres de son gouvernement de partager sa vision en adoptant une communication pédagogique. Preuve qu’il n’est pas lui-même convaincu de la communication gouvernementale qui peine à convaincre les populations.

C’est un secret de Polichinelle que la communication gouvernementale tâtonne à tous les niveaux et souffre de l’absence d’une stratégie bien huilée permettant de partager l’action gouvernementale, ses enjeux et la vision du chef de l’Etat aux populations. Pour l’occasion, c’est Rose Christiane Ossouka Raponda qui aura la lourde charge de relever ce défi en débarrassant l’Exécutif de la cacophonie observée autour des phénomènes communicationnels et les pratiques et moyens de communication mis en place par ses collègues. Car une communication efficace consiste à savoir écouter plus qu’on ne parle.

Une communication quasi-inexistante ou tâtonnante

Le gouvernement gabonais compte plusieurs départements ministériels comptant chacun d’une équipe de communication. En plus de cela, la communication gouvernementale est chapeautée par une équipe de communicateurs employés à la Primature qui est censée veiller à la cohérence des messages véhiculés par l’Etat auprès des populations. Force est de constater que cette communication est dispersée et inefficace. Pire, elle ressemble plus à un patchwork d’idées mal cousues en lieu et place d’une vision d’ensemble qui doit être partagée par tous.

A ce jour, le gouvernement désormais conduit par l’ancienne maire de Libreville Rose Christiane Ossouka Raponda compte 24 ministères. Ces derniers ont fait le bon choix de communiquer sur Internet, notamment via leurs sites et sur les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter. Mais cette communication est loin de toucher une large population. Pour cause, la plupart de ces plateformes gouvernementales comptent à peine quelques fans ou suiveurs. C’est le cas du ministère des Affaires étrangères, de la Coopération, de la Francophonie, de l’Intégration régionale et des Gabonais de l’étranger qui n’est suivi que par à peine 2000 personnes ou le ministère des Relations avec les Institutions qui enregistre 790 fans, pour ne citer que ceux-là. 

Pis, la plupart des sites web gouvernementaux ne sont pas actualisés, avec des publications datant pour certains de 2009, 2014, 2017 ou 2019. C’est le cas par exemple du ministère des Relations avec les Institutions constitutionnelles et les Autorités administratives indépendantes, du ministère des Affaires étrangères, du ministère du Pétrole, du Gaz, des Hydrocarbure et des Mines, du ministère culture, même le ministère de la Communication et de l’Economie numérique s’y met. A croire que la vision du chef de l’Etat s’est dissipée entre-temps et que le temps s’est arrêté au sein des départements ministériels du Gabon.

Le président exige plus de pédagogie, pour plus d’efficacité

Si le premier Conseil des ministres de Rose Christiane Ossouka Raponda a révélé un détail important de la politique d’Ali Bongo Ondimba, c’est sa prise de conscience de l’échec de la communication gouvernementale, sa communication. Tout en rappelant à chacun la lourde responsabilité qui lui incombe en tant que ministre, le président de la République a exigé de la pédagogie dans la communication. « Dans cet élan, le Chef de l’Etat a également tenu à rappeler la nécessité d’adopter désormais une démarche de communication pédagogique sur sa Vision et sur les enjeux des réformes et leur impact positif sur la croissance, l’efficacité économique et sociale et le bien-être des populations », a-t-on pu lire dans le communiqué de la présidence de la République. Qu’est-ce que cela signifie-t-il ?

Le président de la République attend du gouvernement qu’il adopte une communication globale, large et répétitive, afin que sa vision soit partagée par le plus grand nombre. Car, faut-il le rappeler, l’efficacité d’une communication dépend de quelques préalables que le gouvernement gabonais semble ignorer. Globale, parce qu’elle doit intégrer une démarche homogène qui tient compte de la cohérence entre le contenu des messages, la réalité des institutions, des politiques publiques et des objectifs poursuivis par le gouvernement. Cela implique la mise en place d’une stratégie de communication gouvernementale qui soit applicable dans tous les départements ministériels.

La communication gouvernementale doit également être large et répétitive, sans tomber dans la personnalisation du pouvoir. Pour cela, il faut qu’elle tienne compte des contingences, de la relation de confiance entre les institutions et les populations, des réalités gabono-gabonaises, du timing de communication, et bien d’autres éléments indispensables à une communication cohérente. Des éléments sans lesquels aucun message ne saurait convaincre un public exigeant et méfiant vis-à-vis du gouvernement. Partant du principe que la répétition est pédagogique, la communication gouvernementale doit être répétitive et inscrite dans la durée.

Quels canaux de communication pour une communication de proximité?

Les sites internet abandonnés ou des réseaux sociaux gérés en total contradiction avec les codes de l’administration ne peuvent suffire à traduire une vision incarnée par le numéro 1 gabonais. Car cette vision est le socle sur lequel repose la croissance, l’efficacité économique et sociale, voire le bien-être des Gabonais. Ainsi, la communication gouvernementale doit s’appuyer sur tous les moyens de communication existant, afin de toucher toutes les couches de la société, donc tous les Gabonais.

Les médias en ligne sont un moyen efficace de toucher les populations grâce à leur large audience. Mais leur utilisation ne devrait pas se borner à relayer des comptes-rendus des rencontres gouvernementales, mais d’expliquer la vision du chef de l’Etat, partant du Gabon pour le mandat en cours. Une démarche qui ne peut être rendue possible que par l’action des services de communication du gouvernement.

A côté des médias en ligne, la presse écrite, la télévision, la radio, l’affichage urbain et une communication de proximité (incluant les langues locales) sont également des moyens de communication indispensables à la vulgarisation de la vision d’Ali Bongo Ondimba, s’ils sont utilisés à bon escient. Une vision qui peine à être comprise, comme le président de la République l’a lui-même souligné lors du Conseil des ministres du 22 juillet dernier en exigeant de la pédagogie aux membres du gouvernement. 

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