Gabon: Ali Bongo, 10 ans après, le président aux mille et une promesses non-tenues

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Le president Ali Bongo Ondimba célèbre ses 10 ans de magistère, quid de concrétisation de ses promesses © Présidence de la République

Depuis son accession à la magistrature suprême en 2009, Ali Bongo Ondimba n’a pas tari de promesses envers le peuple gabonais. Ce peuple-là même qui, selon les résultats confirmés par la Cour constitutionnelle, l’a élu deux fois en 2009 et en 2016, malgré une vive contestation d’une partie de ce même peuple avec les conséquences dramatiques que chaque Gabonais a en mémoire. Mais au-delà des mots et du tapage médiatique, plusieurs effets d’annonce n’ont jamais été suivis d’une matérialisation de ses promesses électorales ou promesses d’accalmie faites lors des discours à la Nation. Résultats des courses, le pays traverse une grave crise de confiance et de légitimité envers le président de la République.


L’Avenir en confiance, un voeu pieux 

Le projet de société « L’Avenir en confiance » était censé redonner espoir aux Gabonais et confiance en la politique, selon ses promoteurs qui pensaient avoir obtenu la confiance de la majorité de leurs compatriotes. D’ailleurs, quelques mois après l’installation d’Ali Bongo Ondimba à la présidence de la République, de nombreux changements vont chambouler le fonctionnement de l’administration gabonaise. Multiplication des audits, mise à l’écart d’un certain nombre de barons du régime d’Omar Bongo Ondimba, rigueur, plafonnement des salaires pour les dirigeants d’entreprises publiques, fin des cumuls de mandats, suppression des postes fictifs ou superflus à la présidence et au gouvernement, sont ses mesures phares.

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En dépit de la réticence de nombreux Gabonais face à ce qu’ils considéraient comme une succession « monarchique », le bénéfice du doute fut accordé à Ali Bongo Ondimba, par défaut, grâce à ces premiers actes forts. Ce projet était incarné par le triptyque paix, développement et partage. Malheureusement, les promesses sont de courte durée, car quelques années plus tard, les résultats des audits annoncés n’ont toujours pas été livrés au public, les gouvernements qui se sont succédé comptent toujours dans leurs rangs une majorité des barons du régime Omar Bongo Ondimba, aucun document attestant du plafonnement des salaires des dirigeants d’entreprises publiques n’est rendu public, etc. Rien ne semble avoir véritablement changé.

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Ainsi, « L’Avenir en confiance » crée la défiance du pouvoir par des Gabonais de plus en plus convaincus que le gouvernement ne s’intéresse pas à leurs conditions de vie qui se dégradent chaque jour un peu plus. Le bilan de ce projet est sans appel : un désastre. L’Etat de droit n’a pas pu être consolidé. En effet, les nombreuses interdictions de manifestations publiques de l’opposition et de la société civile, la dissolution de l’Union nationale, ainsi que les nombreuses convocations et arrestations de journalistes et de personnalités publiques que le Gabon enregistre entre 2010 et 2015, en font foi. 

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Par ailleurs, la décentralisation n’est pas effective. La moralisation de la vie publique et l’assurance d’une meilleure gouvernance des affaires publiques s’avèrent un vœu pieux. La volonté de diversification des sources de croissance et de développement durable à travers le Gabon vert, Gabon industriel et le Gabon des services, entre autres promesses d’Ali Bongo Ondimba peine à convaincre, tant les résultats escomptés sont loin d’avoir été réalisés au moins à 50%.

« Je ne serai heureux que lorsque chaque Gabonais sera heureux »

A elle toute seule, cette phrase du président de la République résume toutes les promesses par lui faites ces dernières années, depuis son premier mandat jusqu’à aujourd’hui. Car faut-il le rappeler, le rôle d’un président de la République est, selon la formule de François Mitterrand d’être le « garant de la solidarité, de la cohésion sociale, de la cohésion nationale et de l’essentiel ».Mais Ali Bongo Ondimba semble ne pas avoir joué pleinement son rôle si l’on s’en tient à la situation actuelle de notre pays. 

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Le Gabonais vit dans des conditions exécrables ponctuées par un chômage croissant (plus de 35%), des licenciements économiques, la cherté de la vie, l’absence de logements décents (où sont les 5000 logements?), la discrimination à l’emploi, le manque d’infrastructures routières, sanitaires et scolaires dignes de ce nom, etc. Comment être heureux dans ces conditions ?

Le don jamais transmis du « Palais Oyo » à la jeunesse gabonaise

Le 17 août 2017, le président de la République promet d’offrir à la jeunesse gabonaise le luxueux « Palais Oyo », afin de répondre à un besoin en termes d’université. Ali Bongo Ondimba déclarait le faire « au nom des enfants d’Omar Bongo Ondimba, j’ai décidé de céder à l’Etat, à titre gracieux, la propriété située à côté du Camp de Gaulle ». D’ailleurs, une cérémonie de remise du titre de propriété de la résidence de 215.411 m² à l’Etat gabonais a eu lieu, mais jamais ce don qui devait servir à la construction d’une université n’a jamais été rétrocédé à la jeunesse qui en était le bénéficiaire.

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Des promesses non tenues du président de la République, il y en a tellement qu’elles tiendraient dans un petit livre « vert ». Et les premières victimes de ces annonces intempestives demeurent les populations qui espèrent que leurs conditions de vie s’améliorent. Faut-il arrêter les promesses ? Pascale Desliens nous dit que « le plus sage des hommes politiques est celui qui ne promet rien. C’est aussi la plus grande des vérités qui mérite respect… Chose rare de ne rien promettre mais simplement de bien nous diriger ». Vas savoir !

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