Gabon : «affamés par le gouvernement», les magistrats vulnérables à la corruption

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Le président du Synamag Germain Nguema Ella lors d'une déclaration au Palais de justice de Libreville © Gabonreview

Avec l’affaire d’agression sexuelle sur mineur mettant en cause un homme d’affaires très connu dans le milieu politique et la délivrance par le procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville Olivier Nzahou, d’un mandat d’arrêt international à son encontre, la question de l’indépendance de la justice partant celle des magistrats revient une fois de plus dans le débat. Pour le président du Syndicat des magistrats du Gabon (Synamag) Germain Nguema Ella les mauvaise conditions de vie et de travail des hommes en toge sont à l’origine des dérives observées dans cette corporation. 


Dans un entretien accordé au quotidien L’Union, le président du Synamag s’est longuement appesanti sur le manque de confiance envers la justice. S’il reconnaît que des efforts doivent être consentis pour améliorer les choses notamment par la tenue des états généraux de la Justice mais aussi par l’amélioration des conditions de vie et de travail des magistrats, qui sont en première ligne contrairement au ministère public. 

Pour Germain Nguema Ella « les magistrats sont obligés de se compromettre parce que l’Etat ne les aide pas à être indépendants ». le président du Syndicat des magistrats du Gabon pointe du doigt le laxisme du pouvoir exécutif qui peine à répondre aux besoins des membres de la corporation. « Pour qu’un magistrat respecte l’éthique, il faut qu’il soit à l’aise. Le magistrat qui va juger les gens et ne sait ce qu’il va manger demain, n’est pas un bon magistrat », a-t-il lâché. 

Par ailleurs, Germain Nguema Ella a relevé que cette situation de précarité dans laquelle est plongée la corporation peut être à l’origine des comportements inappropriés. « Dès le départ, on apprend au juge à se débrouiller, et se débrouiller c’est rentrer dans la corruption. On affame le juge et un juge affamé est sensible au non-respect de la déontologie », a-t-il martelé. 

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