Gabon: à quand une charte d’Éthique dans l’administration publique?

Ministère de la Fonction publique © D.R

Alors que les comportements déviants se multiplient dans la gestion des deniers et de la chose publique mettant à mal le fonctionnement de l’administration mais aussi de l’économie, plusieurs questions et surtout plusieurs pistes de réflexion peuvent être dégagées. Ainsi, parmi ces pistes, l’absence de charte d’Éthique apparaît comme le chaînon manquant à toute « discipline budgétaire ». Quand on sait qu’un État démocratique a un devoir de responsabilité qui doit être soutenu par une fonction publique moderne et compétente, la piste mérite d’être étudiée.



Préalable à toute initiative de réforme administrative au regard de l’importance des carences et des dysfonctionnements que l’on rencontre dans l’administration publique, la moralisation de l’agent public apparaît comme une nécessité. Ainsi, alors que l’absence ou la dégradation de l’Éthique, conduit à des comportements déviants marqués par une « corruption endémique », la nécessité d’une charte  d’Éthique se fait jour.

En effet, si l’administration dispose d’un code d’Éthique et de déontologie, celui ci ne semble plus en mesure de canaliser « l’esprit administratif » qui tend à se détourner. Or, depuis bientôt deux décennies, la communauté internationale s’accorde sur de nouveaux principes d’Éthique administrative, basé sur l’intégrité, l’efficacité, la transparence, et la performance. Soit autant de valeurs primordiales à une excellence dans l’administration.

Quand on sait qu’un État démocratique doit, pour bien assumer sa mission d’intérêt public et les responsabilités qui en découlent, compter sur le soutien d’une fonction publique moderne et compétente, dont les membres partagent ces valeurs fondamentales et respectent les règles d’éthique propres au secteur public, il est plus que temps que les autorités s’attèlent à oeuvrer en ce sens.

Par ailleurs, compte tenu du niveau de corruption souligné par le dernier rapport de Transparency International qui classe le Gabon au 124eme rang mondial, du fait que le Gabon soit la 30ème démocratie africaine, et en connaissant le lien qui existe entre corruption et santé démocratique, la question de l’Éthique va bien au delà de la simple administration publique.

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